Louise, l'atelier

blog plastique et poétique - présentation de mon travail - écriture, dessin, peinture et autres images - ainsi que quelques réflexions à propos de tout, de rien et d'autres choses...

29 juin 2008

Ecrire des lignes

Lorsque l'écriture prend forme, elle forme au sens strict
Des lignes. Horizontales en ce qui concerne l'écriture française
que j'utilise.
Peu de choses à dire, donc, sur cette forme,
sinon qu'elle apparaît à la fois comme une contrainte
et une facilité
reposante.

Ecrire, c'est "faire des lignes". Les faire
se tenir
les unes en dessous des autres
en justifier intérieurement
la longueur, surtout si l'on ne respecte pas exactement
la largeur
de la page.

C'est disposer des bribes
de pensée
dans un espace
prédestiné.

C'est parfois tenter de
mettre de l'ordre dans
ses pensées, ou
simplement
les faire apparaître
les observer.

Disposer les mots sur les lignes
c'est être, même juste un peu,
en train de faire émerger
la pensée. C'est la faire
passer
du stade d'embryon
à celui de chrysalide
voire de papillon
ou de texte.

Comme la parole est parfois
le prélude
à un texte plus
construit.

Ecrire, c'est dessiner
des formes qui nous relient
au monde et nous
font renaître
à nous-mêmes.

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lignes2

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28 juin 2008

Ce qui "fait forme" ?

Ce qui "fait forme" ? comme on parle parfois de ce qui "fait sens".
Formes nettes, ou informes. Ce qui est art est fait de formes, et pourtant, l'informe est aussi ce qui importe.
J'ai envie de dire, ce qui importe surtout.
Rien de pire qu'une forme vide, d'émotion, de sensation, de "sens" donc. Ou qui ne ferait que vider le matériau de son, ses sens. Pour que la forme vibre, il faut qu'elle naisse de l'informe, soit emplie d'informe, ait comme souffle l'informel.
C'est-à-dire ce qui émerge, vibre, sonde, puise
dans l'indistinction des sensations
s'en nourrit, ou tout simplement
rend visible.

La forme quelle qu'elle soit ne peut être que le "contour" rendu ou non visible de ce qui fait et défait le(s) sens, le déplace, le fait surgir, jaillir, apparaître.
La forme est une marmite et un état de la marmite où se cuisinent le sens et les sens.

Faire se défaire le(s) sens est tout le contraire de vider de son contenu. Il s'agirait plutôt de déconstruire pour reconstruire un tout petit peu ailleurs. Ou ailleurs.

Il n'empêche, il y a quelque chose de mystérieux dans l'apparition d'une forme. Quelque chose d'irraisonné, d'inconscient, d'irrationnel, ou à l'inverse de consciemment construit, mais qui s'impose. Voilà, la forme est quelque chose qui doit s'imposer. Celle-ci et pas une autre. Toute autre forme imposée serait un artefact.

La forme est donc parfois ce qui surgit des matières en fusion et qui s'impose, là, ici, maintenant, aussi longtemps que le regard et sa mémoire sont en mesure d'en percevoir les contours et ses empreintes.


Céramiques de Anne Verdier (exposition à Saumur, avril 2008)

Photos Louise Brun

fusion1


noir_mat

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17 mai 2008

Envol

Frôler le ciel et peut-être espérer                                                        DSCF0198
côtoyer dieu

Caresser le soleil
au-delà
du vertige

Eteindre en soi ce qui
alourdit, terrifie
et sentir

la lègèreté douce
du corps
en appesanteur

Embrasser le vent
et sentir son poids
sa force et sa résistance

nous soutenir.






(Photos du cirque Kirkas Gaya. Cf lien)
DSCF0190

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10 mai 2008

Amour

les fleurs de rouille
de ruine
n'en finissent pas
de pousser
dans les interstices
brillants
ou mats
que laissent
les moisissures
d'orages

à l'intérieur

et tracent






presque malgré elles

fleurnb

                                                                                                                                 de nouveaux

espaces

                                        d'amour.                   


LB08

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04 avril 2008

Echos lointains des guerres (extrait)

Ce qui se défait,
ce qui se crie,
ce qui se vide, jetdeau
ce qui hurle,

ce qui déborde, excède, déchire, dépèce
ce qui violente, étouffe, malmène,
ce qui meurtrit, comme frappe
à l'intérieur du corps, de la tête
ce qui bande les yeux

de l'intérieur
et laisse le corps
fantôme de lui-même
ombre noire se jetant
cognant, heurtant, glissant
contre des parois
obscures, invisibles
rugueuses

de cette âpreté
qui prend
à la gorge

ce qui
engouffre, gouffre, souffre
comme triture
la douleur

laissera-t-il la place
aux ombres heureuses
de l'amour
aux prémisses insensées
de la joie

à une douceur
autre qu'exsangue

LB08

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03 mars 2008

Saturations (reflets d'ombre)...

...aux xérographes (voir lien)...
C'est un ensemble de textes et de dessins...il s'agit de paysages intérieurs dévastés, d'approcher les ombres que l'on ne distingue qu'à la faveur d'une lueur plus ou moins faible...

Vous pourrez trouver (et moi avec, le dimanche après-midi) le livre (mon premier...) au stand des Xérographes au Salon du Livre...

A bientôt

Louise

Ma présence au Salon du Livre ne constitue en aucun cas un soutien à la politique israëlienne. J'espère seulement que la Palestine verra le jour bientôt

et, avant tout, que les massacres cesseront le plus vite possible.
..que la poésie de tous pays et de toutes langues puisse y aider...

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24 février 2008

Un "cadeau" ? quel cadeau ?

Je vais essayer de sortir de l’état « médusé » dans lequel je me trouve plongée.
Je suis effarée par l’injonction lancée aux enseignants de faire parrainer un enfant mort pendant la Shoah par un enfant de CM2.
Je ne comprends pas, M. Le Président, que l’on puisse lancer ce type d’injonctions ainsi, « d’en haut », aux enseignants qui n’ont heureusement pas attendu cela pour se pencher sur ces questions.
Je ne comprends pas que l’on puisse confondre à ce point émotion, mémoire, histoire.
Ce sujet est bien trop sérieux pour être ainsi traité. Et l’enjeu est immense pour l’avenir de notre société.

Je suis choquée. Choquée que l’on puisse vouloir infliger cela à un enfant en prétendant en outre qu’il s’agit d’un « cadeau ». Comment ne pas imaginer que la mémoire, M. Sarkozy, puisse aussi être un cadeau empoisonné si elle n’est pas en lien explicite, explicité, avec l’histoire ? Si elle n’est pas portée par un travail de fond avec les enfants à qui l’on s’adresse ? Que la « mémoire pour la mémoire » ne peut qu’annihiler ce que le(s) devoir(s) de mémoire(s) peut apporter ? Il s’agit bien pourtant, si j’ai bien compris votre intention, de renforcer la cohésion nationale et de prévenir la société contre les abus et extrémismes ?

Je ne souhaite pas que mon enfant risque de subir cela un jour.

Je souhaite ardemment, en revanche, que la Shoah lui soit enseignée. Et je souhaite continuer, en tant qu’enseignante, à faire prendre conscience à mes élèves des tragédies humaines qui parcourent l’histoire, dont bien sûr la Shoah. Mais je souhaite que d’autres « mémoires » lui soient aussi enseignées et je souhaite également continuer à enseigner dans ce sens.
Je dis bien « enseigner », c’est-à-dire avec respect, pédagogie et rigueur.
Pas par injonction.

Je ne comprends pas non plus, M. Sarkozy, que vous mettiez en avant le devoir de mémoire qui nous incombe à tous vis-à-vis de la Shoah et que, dès qu’il s’agit des crimes du colonialisme, et des siècles d’esclavage, vous parliez de « repentance » a fortiori comme un gros mot. Je ne comprends pas que vous ne mentionniez que l’une des mémoires au détriment des autres. N’est-ce pas justement entrer dans une sorte de « guerre des mémoires » qui ne peut être que néfaste pour la communauté nationale ? Ne pensez-vous pas que ce sont les souffrances de chacun qui créent les déterminismes historiques, attisent les rancœurs et créent les tensions sur le territoire national ? Que notre responsabilité en tant que citoyens doit être partagée et concerner chacun ?

Je pense en effet que les souffrances des uns ne doivent pas être reconnues au détriment de celles des autres. Qu’au contraire, les souffrances et leur (re)connaissance, doivent nous permettre de créer des passerelles entre les individus, les peuples et les sociétés dans toutes leurs composantes. Que reconnaître la souffrance des uns, quels qu’ils soient, ne doit pas amoindrir et n’amoindrit pas celle des autres, mais met et doit mettre en lumière ce qui reste autrement dans l’ombre et nourrit la haine. Que cela ne nuit pas à la reconnaissance de chacune des tragédies dont il peut être question, mais qu’au contraire, cela permet de mieux connaître et comprendre pour mieux avancer ensemble. Les uns avec les autres. Tous les autres. Pas contre.

LB08

On peut signer la pétition du Nouvel Observateur ici :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20080220.OBS1422/shoah__un_appel_du_nouvel_obs_contre_la_proposition_sar.html

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14 février 2008

Mise en abyme

Des miroirs
reflètent
d'autres miroirs

et s'abîment
à la surface
renversée

des images
pensées
et doutes

des images
ne cessent
de s'abîmer
au plus profond

des corps -
décor
inflammable
des
émotions
qui me traversent -

au plus profond
des corps
les corps
cherchant
le miroir
auquel

se raccrocher.

Ne sombre pas.

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21 janvier 2008

Croyance(s)

J’ai le droit de ne pas croire. J’ai le droit de croire.
J’ai le droit de croire en la Liberté de croire ou de ne pas croire.
J’ai le droit de croire dans la religion de mon choix. Ou non.
J’ai le droit de croire autrement que par le biais d’une religion.
C’est sans doute parce que j’ai pris la liberté de ne pas croire que je crois.
Ma croyance ou ma non-croyance ont pour limite le respect des croyances des autres. Je ne suis pas prosélyte.

Ma croyance, ma foi, mes non-croyances, mes doutes, sont aussi MES croyances.

Je crois (peut-être) en Dieu, mais aussi (parfois) en l’homme, et en un certain nombre de valeurs qui définissent ce que je suis, ce que je pense, au même titre que d’autres critères « d’être ».

Je crois en la laïcité par respect des croyances et des non-croyances des autres.

Je crois et souvent j’espère.
Mais je désespère aussi.
Je désespère d’un monde qui me paraît sans cesse plus dévasté, et plus violent et dévastateur.

J’espère aussi, mais pas toujours, en un monde meilleur.

En cela, je suis comme ceux qui croient, et comme ceux qui ne croient pas. Ce sur quoi est fondée mon espérance me regarde, même si j’aime aussi pouvoir la partager avec d’autres.
Quel que soit ce fondement, il n’est pas incompatible avec d’autres fondements d’espérance. Heureusement pour moi, je peux espérer avec d’autres personnes qui ont d’autres raisons d’espérer que les miennes. Je peux être désespérée aussi avec ces personnes face, par exemple,

Aux problèmes qui semblent toujours plus violents
Du monde.

Aux situations dramatiques.

J’espère aussi parce que j’écris.
Ecrire, comme croire, mais aussi douter, me donne de la force, des forces.
Je ne sais pas exactement pourquoi, mais écrire me fait espérer.

L’écriture est sans doute pour moi une forme de prière.

LB08

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20 janvier 2008

Vénéneuses

Vénéneuses
Vidéo envoyée par louisebrun

dessins poème

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18 janvier 2008

Résonance

Comme une pluie d'étoiles
qui chutent et se taisent
dans l'abîme sombre d'une âme

touchée

puis commencent à chanter,
de ce chant lourd et profond
qui s'extrait
avec facilité pourtant
des antres du corps creux

et résonnant

lent réceptacle
des sens, du sens
s'élèvant,

toujours incidemment renouvelé.

calme

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04 janvier 2008

Belle et heureuse année 2008 ! (Lumières, bis)

eveil

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24 décembre 2007

Lumières

Ouvrez l'œil, les lumières ne sont pas toujours visibles au premier coup d'œil, mais elles sont là...

lumi_re2

Bonnes fêtes de fin d'année !

Louise

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17 décembre 2007

Intégrité (slam)

se dévoiler, se dire,
à toi, à moi, ou à toute autre personne
se mettre en scène,
avouer ses fautes et ses faiblesses,
ses vertus et ses manques,
son manque d’amour, ses différences,
ses blessures et ses forces
faire de soi une personne, un être à part entière,
sans oublier la chair.

garder le respect envers soi-même
passe par le respect de soi
dans son intégrité

arrêter de se pourrir la vie avec des fausses pudeurs,
fausses modesties ou vraies rancœurs,
arrêter d’essayer de se battre contre soi-même
pour mieux s’éliminer,
ou ne pas être désiré,
ou pire aller jusqu’à faire mine
de se détester, de se haïr ou de se re-convertir
pour essayer de mieux désirer, ou d’être quelqu’un d’aimé,
de réputé,
qui ne s’aime pas lui-même

garder le respect envers soi-même
passe par le respect de soi
dans son intégrité

ne pas perdre sa liberté,
son droit de s’aimer sans s’aliéner
aux regards destructeurs, à la perversité
qui sadiquement se moque
de toi et de tes qualités
sans sourciller, sans même douter
ni se douter
que l’incompréhesion
est partagée,
mais que c’est toi qui aimes
parce que tu es toi-même
et sans tricher

garder le respect envers soi-même
passe par le respect de soi
dans son intégrité

arrêter de vouloir
se métamorphoser
en un(e) autre que soi-même
pour faire plaisir à ceux qui jugent sans regarder
et te méprisent et te rejettent sans souvent même
voir ou savoir
ou même vouloir savoir
ce qu’il y a de meilleur en toi,
arrêter d’exercer le rejet de soi-même
en vertu de l’indifférence,
ou de la bonne conscience,
ou de la bonne réputation, 
ou du pouvoir de ceux qui font autorité,
sur ce qui est

garder le respect envers soi-même
passe par le respect de soi
dans son intégrité

Ne laisser disposer personne
de qui l’on est
si ce n’est de notre plein gré
en connaissance de cause
par amour et sincérité
ne pas gâcher ce qui existe
et qui ne demande qu’à être
pousser et vivre pour le meilleur
sans toujours éviter le pire
mais qui donne sans compter
les points, les échecs et les joies,
les déceptions, les illusions
parce que vivre, c’est risqué
et aimer encore plus,
mais que ça n’engage pas que nous
de vouloir être et exister

garder le respect envers soi-même
passe par le respect de soi
dans son intégrité

ne plus laisser à personne
pas même à moi
ce pouvoir de retourner
mes qualités contre moi-même...
car qui a le droit de juger de qui je suis
si c’est pour me détruire,
sans même vouloir comprendre
ni vouloir savoir
qui je suis et mon état d’esprit  ?
je suis ce que je suis et mon identité
est mon identité, on peut juger mes actes
pas qui je suis
dans mon intégrité
personne ne peut juger
ni où je suis né, ni même comment
ni le fonds de ma personnalité

garder le respect envers toi-même
passe par le respect de toi
dans ton intégrité

LB 07



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25 novembre 2007

IntimeNotime

IntimeNotime
Vidéo envoyée par louisebrun

poème film. Peintures en mouvement et texte dit.

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15 novembre 2007

L'arche de tous les dangers

L’arche de tous les dangers

Cette affaire ne cesse de me hanter.
Je cherche à comprendre plutôt qu’à accuser. Mais je suis en colère. Je ne souhaite pourtant qu’une chose, c’est que la justice soit rendue le plus justement possible, et qu’elle éclaire les zones d’ombre, voire rectifie les erreurs possibles. Mais aussi que cette affaire, au-delà du scandale qu’elle a provoqué devienne matière à réflexion.

Je suis moi-même l’heureuse maman d’une petite fille adoptée et je ne peux pas imaginer que l’on puisse se sentir dans son droit en enlevant des enfants à leurs parents, au prétexte de les sauver. D’autant que ces personnes n’avaient rien demandé et qu’on leur a menti en leur disant que leurs enfants allaient rester au Tchad, ce qui était faux.

Comment parler dès lors d’autre chose en effet que « d’enlèvement d’enfants » ?
L’expression est violente, comme l’acte qu’elle désigne. Acte qui par définition ne peut se révéler que contre-productif pour l’enfant puisqu’on est alors censé agir dans son intérêt au mépris de ce qu’il est, et par conséquent, pour une bonne part, deviendra.

Plus j’y pense, plus c’est par ce mépris, justement, des lois et d’un peuple, que je suis choquée. Car cela m’apparaît comme l’autre face d’une bonne conscience, plutôt que d’une réelle conscience des dangers encourus par ces enfants : il faut l’admettre, la justification des bonnes intentions  ne tient pas dès lors que ces enfants étaient avec leurs parents et manifestement pas en situation d’urgence.
Mais alors au nom de quoi peut-on se permettre de bafouer les lois et de déconsidérer ainsi les personnes à qui l’on enlève ces enfants ? Et comment peut-on  imaginer un seul instant que cela puisse servir un objectif humanitaire ?

De tels actes tendent à disqualifier le travail fait par les associations et organisations qui se battent chaque jour dans le respect de la légalité, - avec tout le courage, la patience et la détermination sur le long terme que cela requiert, - pour sauver des enfants réellement en danger.
Cela ne peut également que nuire à ceux aussi qui se battent pour faire progresser des relations diplomatiques fondées sur la confiance et non sur les fantasmes de supériorité issus de la mentalité coloniale, à ceux enfin qui se battent chaque jour pour que l’adoption internationale se fasse dans le respect des droits et des cultures respectives.

Comment imaginer qu’en violant les lois, et sans respect des êtres qui ont mis au monde ces enfants, sans respect, par conséquent, pour ce qu’ils sont, pour leur identité profonde, l’on puisse construire quoi que ce soit avec eux, pour eux ? Et le fait de vouloir « sauver » n’y change rien. Il n’excuse pas ce rapport de domination d’une culture ou d’un pays envers un autre instauré de facto par tels actes.

Est-ce ce type de relation, fondée sur la domination, même maquillée en « sauvetage », des uns sur les autres qu’il s’agit d’instaurer en général, et dans le cas de l’adoption en particulier ?
Est-ce cette relation qu’il faut mettre en place lorsque l’on souhaite construire une famille ?

Le type de démarche proposée par l’Arche de Zoé n’avait d’ailleurs rien à voir avec celle qui peut aboutir à une adoption, ni sur le plan légal, ni sur le plan moral, même si cet objectif fut dans un premier clairement annoncé, et resta par la suite implicitement présent (sinon, quelle suite à cette « évacuation » pouvait-elle être envisagée dans ce contexte ?).
Dans l’adoption (mais comme dans toutes les relations qui rapprochent les êtres et les peuples, a fortiori lorsque des cultures différentes sont ainsi reliées), le rapport, dans toute sa complexité, à la culture d’origine de l’enfant ne doit, ni ne peut, être effacé d’un coup de gomme ou de « baguette magique », sous peine que l’enfant se retrouve en situation de grave déséquilibre : ce serait, pour lui, purement et simplement effacer une partie de lui-même, dont il a besoin pour se construire (et qui risque bien sûr de resurgir d’une manière problématique).
L’on se doit donc de tenir compte pour lui, de considérer dans son intérêt propre, - au sens fort du terme (respect, compréhension des enjeux historiques et sociaux qui déterminent pour une bonne part le présent et l’avenir) -, ce qu’il est, pour espérer construire une vie et un avenir équilibrés.
De fait, la conjonction (articulation), entre histoire personnelle et Histoire existe, elle nous « écrit » et nous détermine, faisant de nous ce que nous sommes (et ce que nous ne sommes pas) tout autant qu’elle se manifeste dans les relations que nous choisissons de construire, et influe dans la manière que nous avons de les mettre en place. Il serait vain et il est dangereux de vouloir l’oublier…tant sur le plan personnel que sur celui de l’évolution de nos sociétés où ces questions identitaires, lorsqu’elles sont mises en tension au lieu d’être apaisées en étant reconnues, deviennent le terreau de conflits).

L’adoption est l’occasion d’une rencontre entre un ou des parents adoptants et un enfant, qui, dans le meilleur des cas, deviendra lui-même un adulte riche de son histoire. Histoire pour une part douloureuse (elle procède toujours d’une forme d’abandon), mais aussi empreinte d’un autre regard sur le monde que sa présence suscite, provoque et en quelque sorte « impose », pour son bien et le nôtre…

Adopter un enfant, c’est avoir le désir de le chérir, de le voir grandir, de l’éduquer, de lui donner les moyens de construire sa vie, de s’épanouir, d’être heureux. C’est une responsabilité sur le long terme que l’on prend parce que l’on a de l’amour à donner, un désir d’amour à partager, par désir de construire une famille.
Bien sûr, en adoptant, l’on peut avoir ce désir de « sauver » un enfant, mais je pense qu’il est aussi essentiel de rester très modeste face à cela. En adoptant, on devient parent, pas « sauveur ». Et il ne faut pas confondre.

Ce n’est qu’ainsi que cette rencontre, porteuse de toutes les merveilles possibles, pourra les révéler.

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01 novembre 2007

Ciel de rouille

Griffure de rouille
A ciel ouvert

Ce qui de l’être cherche l’étreinte

Et s’écorche parfois
Aux lambeaux aiguisés
Du passé et de la mémoire
Assassine

Mais se faufile
Pourtant
Comme malicieusement
A travers leurs méandres
Créant le mouvement qui les porte vers…

cielrouille3

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14 octobre 2007

Echos lointains des guerres (extrait)

/émergence - de l'épaisseur triste et amère des mers obscures - d'une lueur. Résurgence, de ce qui a malgré tout éclairé les champs indistincts, fait que le corps entier se dérobe à la lumière, mais ne soit pas mort,
là où apparaît

le souffle de ce qui a été - malgré tout (répète-t-elle) sauvé. /

/lien invisible, enserrant pourtant, et délivrant dans le même temps, poussant, pressant, oppressant, mais se tournant vers ce qui s'ouvre - sans allégeance

sans allégeance (mais cette absence pourtant, qui creuse incessamment la surface visible, avant qu'elle ne s'épuise, durera-t-elle encore ?) - comme un excès de peau sur

l'envers du décor - cicatrice inversée, encore brûlante du désir, mais de la peur aussi. /

                                                                     

                    Ce qui est décliné, dans
                    cette digression interne,

                    la chute
                    infinie
                    du regard
                    voltigeant
                    à l'intérieur
                    dans le puits
                    sans fonds
                    de la confiance

                    durablement
                    altérée/

/                                (haillon d'amour, ou bâillon ; ruban - lambeau - ruban ; embrasant dans le
silence ce qui est encore sourd

ruban momifiant, habillant
enveloppe pantelante

mais néanmoins apaisante
faisant/laissant

osciller

encore

la peau

un peu

au hasard

entre vie

et mort.

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03 octobre 2007

Deux mesures


/ comme un charme lent et long, ensorcelant, se diffusant dans une brume douce et chaude, m’enveloppant, me rassurant, me faisant à nouveau me sentir de chair, existant, existante, malgré l’éloignement, existante et dressée là, debout, marchant et dévidant tout aussi lentement, pas à pas, le fil dense qui me relie à la vie, à la terre, comme apaisée, ou allégée /


/ éprouvant la pesée de l’espace, épousant la forme ainsi creusée puis modifiant l’équilibre alors composé, respirant l’air tout autour, pesant à nouveau de tout mon poids sur l’arbre qui le supporte ; tension extrême des muscles, avant relâchement, puis envol, comme si l’impulsion ainsi trouvée définissait le mouvement lui-même /


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29 septembre 2007

Nuée

Nuee

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