Louise, l'atelier

19 décembre 2010

Suite du blog

La "suite", une suite, disons...se trouve ici :

http://louiselatelier.canalblog.com/

Bonne lecture, à bientôt !

Louise

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01 janvier 2010

2010

Meilleurs vœux à vous qui passez par ici ! Que cette année vous apporte ce que vous désirez et bien d'autres belles choses encore !! A bientôt

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08 novembre 2009

Du bleu dans la nuit

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Ce qui

du bleu
la nuit
bouge

Ce qui
perce
à travers
le gris

Et rougit
le charbon
pâle
bleui

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03 novembre 2009

Aujourd'hui

à la radio, j'écoutais une émission sur France-Culture. C'était une prostituée qui parlait de son métier, d'un métier qu'elle aimait. Elle expliquait, très simplement, qu'elle avait sauvé certains hommes du désespoir, peut-être de la mort. Comment ? En étant là, voilà, juste là, en existant, avec ce surprenant métier. Elle expliquait tout aussi simplement à quel point la vie pouvait être dure. A quel point le corps exprimait toutes sortes d'émotions. Ses mots se posaient comme ça, avec une justesse rare sur l'essence de la vie même. 

Sur des moments, de vie, sur des rencontres. Cette simplicité est belle et rare. Surtout lorsqu'elle va autant en profondeur. Ce qu'elle disait, c'était autant de traités psychologiques ou psychanalytiques, ou métaphysiques, ou philosophiques, comme ça, en quelques mots, prononcés d'une voix claire. Sûre. Néanmoins sans aucune arrogance. 

Cette simplicité-là, qui n'a rien à voir avec de la réduction, de la "contraction", du résumé, du moins, me touche. Ces voix ont le don je pense de se faire entendre par le souffle qui les anime, au plus profond de la nuit. Du plus profond de la nuit. Les personnes comme Sonia sont précieuses. 

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/pieds/

J'écris ce petit texte après l'avoir entendue et ses mots me reviennent en mémoire, presque "comme ça". J'ai pourtant entendu des flots de mots aujourd'hui, et pas des moindres pour autant. 

Oui, la vie est dure. 

Oui, le corps dit, parle. Oui, les mots et les corps font circuler de la vie, profondément humaine, à travers nous. Créant un peu de douceur, un peu de tendresse, le plus souvent. 

 

C'est demain, aussi. Et on peut podcaster.

 

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07 octobre 2009

De l'eau du temps

Saisir quelque chose du temps qui passe...se sentir, malgré tout, à une perception absolue du temps...la mort ? l'éternité ?

La mort, peut-être, oui. Période "anniversaire" d'une mort réelle. La sensibilité est à vif, le corps à cran. "Je voudrais cesser de mourir", dit-elle dans un souffle. Comme un passage de relais aussi, de la mort à la vie. De la vie obstruée à la vie tout court. Mort de la mère. Cordon ombilical déjoué. Rejoué. A l'infini d'où les douleurs. Comme un accouchement de soi qui n'en finirait pas. 

Quelque chose de la vie, nerveuse, musculeuse, s'est aussi ouvert. Comme si cette fois le lien maternel avait commencé à pouvoir se transformer, se métamorphoser en lien de vie. Non, il n'y a pas d'avant ni d'après, mais seulement ce qui s'entortille, dans tous les sens, autour et dans ce fameux cordon

 

coupé. Bien sûr, le cordon est coupé. Et il s'est même reconstruit ailleurs, là où la vie perdure, féconde...se révèle à nouveau dans toute sa splendeur moirée...

 

Tout est lié et délié à la fois. Un peu comme tout fut espéré et haï à la fois. Noué pour tenir, noué pour résister, mais noué à se détruire. 

Les éléments se mettent en place pas à pas, il n'y pas à tortilller. Et certaines se défont. Pour mieux se renouer autrement, ou s'éloignent définitivement. Sans animosité. C'est le cours lent de l'eau qui court. 

En soi. Hors soi. Sans pour autant (toujours) se noyer. Parfois tout de même. Jusqu'à la déchirure qui rapplique, ventre à terre et vous terrasse un instant. Jusqu'à ce que l'eau coule à nouveau, plus apaisée. 

Moins de larmes. Encore l'écriture du désastre pour échapper au désastre. La mort est un poison vengeur. Il faut beaucoup de mots pour l'endiguer. Mais les mots existent. Blessent et suturent, comme les pensées qu'ils charrient et déversent.

Je ne sais pourquoi, le goût des lacs n'a jamais remplacé celui de la mer. Il suffit pourtant parfois de l'eau qui coule pour maintenir la vie, continuer à en enchevêtrer déchevêtrer les fils qui la font vivre. Qui la font exister. Qui nous la font aimer.

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21 août 2009

Journal de vacances...à propos de

Voilà, ce journal est terminé. Ma contrainte d'été était d'écrire un texte par jour pendant quinze jours, c'est fait.
Merci à ceux qui m'ont lue, à ceux qui me liront. N'hésitez pas à laisser des commentaires ou à m'écrire si vous le souhaitez. J'espère que vous avez passé un bel été.

A bientôt !

Louise

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Journal de vacances (Récit, 15)...sur 15...voilà, c'est fini..

Châteaux de sable. Et châteaux en Espagne ? Sable trop sec et pâtés ratés. Châteaux tout de même ! Coquillages sur les tours…Paroles et promesses. Tenues, non tenues, rompues. De part et d’autre. Brisures, ruptures, éclats. Réconciliations parfois. La vie est ainsi faite, il faut y croire, et espérer encore, tenir ce que l’on peut tenir et qui mérite de l’être.

 

Soleil, pluie, marée haute, marée basse, et les mouettes qui se posent. Ici, par-dessus tout, j’aime les GRANDES marées. Celles qui font que la mer monte, monte, presque jusqu’en haut de la plage, et descendent, descendent, laissant une étendue de sable mouillé qui semble toucher l’horizon. Généralement, le temps est mitigé, le ciel et les tourments de la mer se confondant. Lumière diffuse, flottant sur l’eau.

 

Il m’est arrivé (souvent, à moins que ce ne soit juste longtemps…) de douter au point de me demander si la vie valait la peine d’être vécue. Ce temps est révolu. Quelque chose s’est résorbé, cicatrisé et m’a peu à peu redonné le goût de vivre. Cela s’est produit dans la parole, c’est une chose sûre. En parlant, en écrivant, en lisant aussi. On dirait une invisible métamorphose. Elle se produit encore, un peu chaque jour.

 

Digues. Ecrire. J’ai écrit comme on construit des digues et des barrages qui permettent de construire ce que l’on veut construire. Mis les mots bout à bout, presque un à un, articulé le tout. Je ne sais pas si j’en verrai le bout, si je parviendrai à ce que je souhaite, mais je continue…S’en remettre aux belles lunes et se méfier des soleils trop crus et trop chauds, sans se laisser dériver trop loin de soi…de nous…éviter de se figer dans telle ou telle position…Continuer à se mouvoir par et dans le langage, sans oublier le reste…

 

Etre en soi sans s’y enfermer et ouvrir les yeux sans forcément se brûler, ni se protéger outre mesure. Continuer à écrire, à vivre, tout simplement. Prendre la vie à pleines mains comme le sable…

 

…..

 

Ceci dit,  je ne me baigne qu’à marée haute. Encore faut-il qu’il n’y ait pas trop de vent.

 

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20 août 2009

Journal de vacances (Récit, 14)...sur 15...

Il s’est produit une chose qui me surprend un peu, cette année, pendant ces quelques jours. En général, lorsque je viens ici, je lis énormément et je peins. Or, cette fois, je n’ai pratiquement fait qu’écrire. Un peu comme s’il me fallait dessiner en creux ce qui se vit autrement en grand jour, comme s’il me fallait chercher à cerner les contours invisibles des événements visibles, qui se produisent. Lire, dessiner/écrire, fabriquer des images, danser. Comme si ces activités pourtant distinctes ne faisaient que construire la figure d’un même puzzle, un puzzle mouvant, vivant…dont la figure ultime n’existe sans doute pas, puisqu’il s’agit toujours de saisir quelque chose du monde…

 

J’ai ressenti ce temps comme de « vraies » vacances…au sens où le mot « vacance » désigne un état de disponibilité particulier, et de plaisir.

 

Un moment qui fait totalement contraste avec ceux, il y a plusieurs années, où j’ai eu l’impression de m’être transformée en une sorte de voyante ou de pythie. Il me semblait entendre des voix, devenir ce que pensaient les gens, pour un peu, je me serais mise à prédire l’avenir. Je continuais à penser, mais j’avais du mal à distinguer le vrai du faux…l’imaginaire ayant sans doute pris un peu trop de place, entré en outre comme par effraction…Oui, j’étais un peu folle pendant ce temps-là. J’avais perdu beaucoup de mes repères, il m’a fallu tout reconstruire.

 

Puis, cela s’est atténué, comme si les mots étaient venus habiter ces espaces presque délirants qui s’étaient fait jour. Depuis, les mots n’ont pas cessé de m’habiter. De me hanter parfois. Ce sont eux qui m’ont fait lever le matin. Eux qui m’ont permis de continuer à avancer, même sur des chemins tortueux. Pas les mots pour les mots, bien sûr, quoique. Mais tous ceux échangés, prononcés, tous ceux qui permettent de sortir d’une aphasie singulière ou collective. Tous les mots qui permettent de « toucher » la pensée, dans tous les sens du terme, c’est-à-dire sensible aussi. (Je n’aime pas cette façon de voir qui veut toujours distinguer « l’intelligence » des choses du sensible. Il me semble que ces deux aspects doivent, non pas se confondre, mais s’entendre et dialoguer l’un l’autre). D’en dire quelques mouvements, ou quelques ondes, ou trajectoires. Tous les mots qui créent un dynamisme propre à faire exister, faire advenir.

Peu à peu, cependant, un autre dynamisme me rattrape, qui annonce le retour...

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19 août 2009

Journal de vacances (Récit, 13)...sur 15...

Petit matin.

 

Je suis bien seule (je le suis souvent). La solitude, qui m’est souvent bénéfique, m’apparaît pourtant comme une fatalité.

 

Je ne parle pas de la solitude extrême, celle qui fait que l’on s’isole de plus en plus, jusqu’à plus soif, ou jusqu’à se perdre complètement, et qui équivaut à une sorte de suicide. Mon ivresse chronique de solitude est beaucoup plus mesurée. La plupart du temps, la solitude, une certaine forme de solitude, disons, agit sur moi comme un baume, qui me calme et m’apaise. C’est elle aussi qui me permet d’écrire, sans doute.

 

Pourtant, je la déteste souvent car je m’en sens un peu prisonnière.

 

De fait, cette solitude est relative, elle est souvent émaillée de belles rencontres. Là, je parle surtout de solitude « amoureuse », du fait d’être « séparé » de la personne que l’on aime et dont on désire plus que tout la présence.

 

Pendant plusieurs années, j’ai refusé de venir ici, dans cette maison de laquelle je me sentais en rupture. En réalité, c’est de ma famille que j’étais en rupture.

 

J’ai commencé à y revenir à la suite d’une autre rupture, qui m’avait mise à mal. Dans le même temps, j’y ai retrouvé ce goût d’y être « seule ». Mais j’ai le sentiment étrange d’aller de rupture en rupture, comme on va d’un endroit à un autre, aller et retour.

 

C’est pour cela que cette solitude, je la maudis aussi. Et je ne sais pas toujours comment me dépêtrer de ses méandres. J’ai parfois l’impression qu’elle m’a toujours accompagnée et qu’elle est ma compagne ma plus sûre. C’est quelque chose d’assez violent et ambigu, d’autant qu’elle n’empêche absolument pas l’amour. Enfin, je crois.

 

Je la recherche donc autant que je la rejette. Elle est un sujet récurrent de plainte. Pourquoi suis-je ainsi ? Je voudrais la briser sans la briser. En briser la chaine qui m’y retient, mais la garder comme un abri sûr, où l’on revient régulièrement sans forcément s’y enfermer.

 

Qu’elle soit comme un lieu sûr. Une pièce douce et suffisamment intime dans laquelle il fait bon se retrouver.

 

Je vais commencer la lecture de « Un don », de Toni Morrison.

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18 août 2009

Journal de vacances (Récit, 12)...sur 15...

Ce n’est pas franchement plaisant de se sentir prisonnier de ses propres blessures. Les lieux où nous allons, où nous sommes, ne changent finalement pas grand-chose à l’affaire. Dans tous les cas, il s’agirait donc d’en guérir. Mais comment ?

Dans quelques jours, quelques semaines, un autre cours des choses interviendra. Ce sera la rentrée. Rentrée de quoi, de qui ? De tous, même de ceux qui ne « rentrent » pas à proprement parler. Qui ne sont pas partis. Ou qui n’ont pas de « rentrée » à faire.

Ce sera la rentrée scolaire. Je me demande avec un peu d'inquiétude ce que nous vaudra la grippe A.

Rentrer, partir. Revenir, repartir. Humer un autre air. Changer d’air, respirer autrement. Evidemment, au-delà, rien ne change. A moins qu’à l’intérieur de nous, profondément, quelque chose puisse se transformer.

A moins qu’à l’extérieur, certaines choses puissent être transformées. La libre-circulation, ici et ailleurs, des personnes, des idées, me paraît être une liberté fondamentale, à conserver. et élargir .Pas si simple puisqu’elle recoupe un tas d’autres libertés, y compris celle d’être soi au regard des autres.

Aujourd’hui, et depuis hier, on le sent, la tendance est à rentrer chez soi. Il y a moins de monde, et d’ailleurs, je préfère. C’est tout de même le tort des stations balnéaires d’être saturées de monde jusqu’au quinze août. Là, ça va mieux. Même si je préfère cet endroit au calme, pendant les vacances de printemps par exemple. Aux alentours de Pâques, c’est idéal. La forêt est là, qui veille. Le front de mer, sans être désert, est encore peu fréquenté. Et si les températures sont clémentes, c’est un vrai régal. 

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17 août 2009

Journal de vacances (Récit, 11)

Mes doigts dessinent sur le sable…une étoile de mer. Rien de bien original, donc. Un léger dessin, qui sera bientôt effacé par la mer, recouvert par les marées successives. Qu’oublie-t-on ? Qu’est-ce qui s’efface de ce que nous vivons ? Nos blessures ? Quels souvenirs ?

 

Réminiscence du film de Lanzmann, Shoah, dans lequel parle un « ancien » (ancien ?) nazi : « tout cela, ce ne sont maintenant que de mauvais souvenirs ». Comme si l’horreur, quelle qu’elle soit, pouvait ainsi s’oublier.

 

Exposition en Arles (Without sanctuary), lynchages de Noirs aux Etats-Unis, photographiés à l’époque « pour la gloire » et envoyer des cartes postales à ses amis…Pas vu l’exposition, qui a l’air de poser problème dans sa présentation. Mais à  l’opposé, j’ai beaucoup apprécié le travail du photographe et historien de l’art Gonzalès-Day présenté au Palais de Tokyo (juillet 2009), qui, à partir d’une de ces cartes postales justement, en en effaçant le figuré, fait réfléchir à ce que l’on accepte – ou non – de voir.

 

A quel moment le fait de voir (et quoi, c'est-à-dire ce que nous voyons) fait de nous des complices de l’horreur, ou au contraire nous positionne de manière à ce que nous dénoncions ce que nous voyons ?

 

Nous ne pensons pas suffisamment, il me semble, à ce que peut représenter le regard que nous portons sur ce que nous voyons. Le regard, pourtant, véhicule une grande partie de nos conceptions et de nos jugements, positifs ou négatifs, sur les êtres. Il les conditionne même souvent, que nous en soyons ou non conscients.

 

En outre, voir, ou détourner le regard, a bien à voir avec la mémoire. Avec les mémoires. ; par conséquent avec l'histoire. Une autre façon d’en penser les devoirs, ici, maintenant. C’est aussi ce qui m’importe.

Quelle politique pour nos regards. Et il me semble que l'écriture a à voir avec cela.

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16 août 2009

Journal de vacances (Récit, 10)

Je dois l’avouer, la chaleur m’accable. La maison apporte un peu de fraicheur, mais je me sens cernée par le manque d’air. C’est un dimanche calme. Rien de particulier de prévu, ce qui n’est pas si mal finalement.

 

Un air de jazz à la radio. Pas désagréable, loin de là, j’aime bien Billie Holliday, mais aujourd’hui, cela me rappelle cette ambiance un peu délétère d’une soirée à l’ambassade de France en Tunisie, il y a plusieurs années maintenant. Je faisais partie à l’époque d’une compagnie de danse et nous étions en tournée. C’est donc à ce titre que nous avions été invités. J’avais été surprise de l’état d’esprit qui y régnait. Je ne dis pas que toutes les personnes qui s’y trouvaient avaient la même conception des choses, bien sûr. Mais j’avais vraiment eu la désagréable « impression » que la culture française régnait là-bas comme une culture supérieure chargée d’en « civiliser » une autre. C’était dans les années 80.

 

En d’autres termes, cela avait été ma première rencontre (non, pas la première, en fait, mais une de celles qui m'a le plus marquée) avec la mentalité néo-coloniale, qui se traduisait encore et toujours par un complexe de supériorité des uns sur les autres. Ça a été pour moi un choc. Et je n’ai jamais « compris » que notre chauffeur doive manger dehors alors même que la famille de l’ambassadeur occupait une des plus belles maisons de la ville.  Je me souviens de la beauté de l’architecture de la maison, de la beauté des paysages et de la vue que nous avions des toits et terrasses, et de mon indignation.

 

Je n’étais pas la seule, d’ailleurs, à avoir été choquée. Je me souviens d’une amie qui avait quasiment dîné le dos tourné à notre hôte. Bien sûr, ce n’était pas très poli, mais une façon, je crois de montrer à quel point cela pouvait nous être insupportable.

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15 août 2009

Journal de vacances (Récit, 9)

Bien sûr, il y a eu drame. Jusqu’à la mort. Cela fait longtemps maintenant, mais quelque chose s’est produit sur la durée et répété, quelque chose de suffisamment violent pour que la vie s’organise différemment de ce que l’on aurait voulu. Le drame constituant une sorte de point de fuite, de perspective, autour duquel tout s’est reconstruit, pour le mieux, ou de la manière la moins pire. Mais pas comme on aurait voulu. Cela échappe en quelque sorte à l’entendement. A moins de prêter l’oreille avec beaucoup d’attention.
Rien ne se voit vraiment, à moins que l’on ne sache. Cela arrive, parfois. Il faut alors être très doux, observateur, pour percevoir les altérations de formes, et celles qui restent souples malgré tout. Pour percevoir les lignes qui ont été projetées dans telle ou telle direction. En quoi consiste le fait de vivre. Suivre ces trajectoires imposées par une violence presque invisible, ou rétablir un trajet plus proche de ce que l’on désire. Eviter ou contourner ce qui s’est produit, mais marcher comme un funambule sur ces lignes de nerfs, ou chercher le sable plus accueillant entre les lignes. A moins que ce ne soit écrire ou tracer d’autres lignes, sans cesse réinventer les formes, les creux, les pleins, l’amour. Echapper aux pièges et cicatriser les blessures, pour que de nouveaux horizons se fassent jour.
Chaque jour. Comme il se doit, pour que le tissu de la vie se pare de toutes les virtualités possibles, se répare et se pare de toutes les facettes scintillantes qu’elle puise à l’intérieur, à l’extérieur. Et qu’il constitue finalement une peau suffisante pour accueillir les flux de vie et de tendresse pouvant à nouveau en émailler le cours, et enjoindre…les êtres à se remettre en mouvement.

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14 août 2009

Journal de vacances (Récit, 8)

Je n’ai pas grand-chose à raconter aujourd’hui. Je dois me sentir vraiment en vacances, pour une fois. L’impression que mon cerveau tourne au ralenti, si ce n’est à vide, ne se préoccupant que de petits soucis quotidiens qu’il faut bien gérer. Machine à laver en panne, par exemple. Rien de grave, donc.
Je crois d’ailleurs que c’est ce qui est le plus difficile pour moi. Composer avec la légèreté. Je n’ai pas tellement l’habitude, la légèreté dure rarement chez moi. La gravité m’intéresse souvent beaucoup plus, mais c’est assez épuisant. J’ai donc souvent envie de légèreté, mais beaucoup de mal à m’y inscrire vraiment, dans la durée. J’en éprouve cependant de plus en plus le besoin.
Histoire d’enfoncer un peu le clou, j’ai souvent l’impression qu’il s’agit là d’une histoire de destinée…à laquelle j’essaie régulièrement d’échapper, mais en vain. Quelque chose de grave, de tragique même me rattrape presque toujours, inexorablement. Pas forcément moi en particulier, et c’est heureux, mais la sensation – ou le goût ? (parfois je m’interroge, au moins pour éprouver les limites du (dé)raisonnable) – du tragique pèse souvent. C’est assez pénible. J’envie parfois l’insouciance, même si je sais que je ne pourrais m’en satisfaire. La conscience, souvent aiguë, des difficultés et des drames, m’est nécessaire. Je crois trop en la conscience et la lucidité pour bouger un tant soit peu ce qui doit ou peut l’être, pour un peu de mieux.
Je suis donc quelqu’un d’intranquille. Autant le savoir après tout. Et c’est un exercice presque quotidien d’établir un certain équilibre des émotions qui permette une vie quotidienne, non seulement possible, mais pas trop brutale ou douloureuse. Peut-être est-ce cela, les vacances. S’attacher, au moins par moments, à une forme d’ajustement entre soi et la vie possible. Cet ajustement sans lequel aucun bonheur n’est possible.

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13 août 2009

Journal de vacances (Récit, 7)

Matin. Pourtant, je ne suis pas trop du matin, mais tout à l'heure, je ne pourrai pas. Alors, je m'y mets tôt. Tout est encore calme. Je suis assise dans le canapé de la salle à manger. Le café est prêt.

Hier soir, nous sommes allés à Saint-Gilles Croix de Vie, avec un ami venu passer quelques jours dans la région. Dîner de crêpes. Discussions à bâtons rompus. Tour dans la ville, le port. J'aime bien les ports. Celui de Saint-Gilles est petit, mais agréable. Promenade le long des bateaux. Nous passons la Vie (difficile de rêver d'un nom plus joli pour le cours d'eau qui traverse et réunit les deux parties de cette ville).

Sur le marché nocturne, j'ai trouvé une petite lampe adorable, une "loupiotte", du nom de sa créatrice, fait en boîte de conserve et instrument de cuisine. C'est exactement ce qu'il me fallait. Un peu de musique, aussi. Concert devant les restaurants.

Puis, nous passons la Vie dans l'autre sens. Sur les ponts lumineux nouvellement construits. Le manège ancien éclaire le carrefour. Lorsqu'on se retourne, les lignes nettes de l'église se découpent dans le bleu nuit. Un peu plus loin, ce sont les lignes blanches d'un bateau qui me surprennent, on le dirait adossé au petit phare qui...non, le phare était un peu plus loin, il me semble. Est-ce que je suis en train de superposer et reconstituer des images ? Oui, c'est possible.

Hier soir, au rocher de Sion, la mer était calme, sans geyser. La "dent du diable" n'était donc pas visible. Et l'atmosphère douce. Une vraie soirée d'été.

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12 août 2009

Journal de vacances (Récit, 6)

Trier. Jeter, garder. Conserver. Ça, oui. Non. Quoique. Ça pourrait peut-être encore servir. Peut-être. Oui, mais tout de même, ça encombre. Et puis c'est vraiment vieux. De vieux sabots. Oui, ils appartenaient à mon père, mais il ne les remettra plus. Il ne reviendra plus. Qu'est-ce que je fais de la maison ? Je n'en sais rien. Les sabots, allez, je jette. Sauf que je n'y arrive pas. Oui, je sais, c'est un peu idiot d'être aussi sentimentale, ma mère aruait dit que c'était de la mièvrerie et qu'elle avait horreur de ça. Je crois que ça m'a rendue un peu dure, parfois.

Et là, le carton ? Mais dis-moi, il n'y a pas aussi des choses dans le grenier ? Oui, tu as raison, ce sont des "choses". De vieilles choses. Là, ça fait carrément conserve, maintenant. Conserves de souvenirs. Souvenirs en conserve. D'accord, mais à quoi ça sert ? A rien. Juste que ça, je n'arrive pas à le jeter. Alors, ça reste. Ça encombre, il faut bien le dire. Mais sans tout cela, là, que reste-t-il ? Ce que j'avais commencé à y mettre, moi aussi. Et que je commence à déposer ailleurs. Je perds parfois complètement le sens de l'orientation.

Maman ?
- Oui ?
- On y va ?
- Oui.

En même temps que je tire les objets, j'en ai bien conscience, ce sont mes idées que je tente de trier. Ou plutôt, mes souvenirs. Faut-il trier les bons souvenirs des mauvais ? Jeter les mauvais ? Ou tenter encore d'en faire quelque chose ? J'aime bien recycler en général, surtout les souvenirs, on dirait. Il faudrait sans doute que j'arrête, que je passe à autre chose, que j'accepte de tourner la page. Surtout depuis que je suis maman. Il faut accepter d'aller de l'avant. C'est vrai, ça change quelque chose aussi de ce point de vue-là, de devenir maman. Parce que la question de ce qu'on garde ou non ne se pose plus vraiment seule. Il s'agit aussi de savoir ce qu'on transmet, ou non. Et comment. Quelle est la part des objets dans ce que nous avons à transmettre ?

Dehors, grand beau temps. Quoiqu'un peu de vent sur la plage. Mais tout de même, la baignade est plus que tentante. Vélo. Un peu plus loin, à peine, les enfants jouent. Jeux d'enfants sur la plage. Ça j'aime. Les rires, les ploufs dans l'eau, les courses, les enfants sur les trampolines. Ma fille.

Je reprends mon vélo. Le vélo est sans doute une de mes activités préférées en vacances (pas en ville, surtout). Vélo le long du front de mer. Un peu dans les dunes. Le soleil sur le sable. Contempler. Rouler. Se baigner. Et recommencer.

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11 août 2009

Journal de vacances (Récit, 5)

Cinquième jour de ce journal. Hum, c'est un peu bizarre, à bien y réfléchir, de compter ainsi les jours alors que ce sont les vacances. Mais j'aime bien. Pas tant compter les jours, mais écrire ces mots chaque jour, ce qui m'oblige à rassembler des idées éparses, à leur chercher une quelconque cohérence, à me poser quelques questions sur l'écriture. Douce obligation, et même, plaisir extrême. C'est agréable d'écrire. De se laisser divaguer à la recherche de fils conducteurs et déliés qui se tressent par moments sans qu'on n'y prenne garde.

De poser un à un les mots sur l'écran, de les regarder s'animer en quelque sorte. Pas besoin de 3D (mais c'est très bien, aussi, les images en 3D, bien sûr, des océans de nouvelles possibilités, sans doute).

Aujourd'hui, je ressens néanmoins un déficit d'images. Pas de celles que l'on voit partout, qui s'affichent partout. Plutôt de celles qui se forment elles aussi à notre insu et captent, malicieusement, notre œil...Mais pas très envie de prendre un stylo, et pas de camera disponible, malheureusement. La caméra, c'est ce qui m'excite le plus, je crois. Filmer les images en mouvement. Tenter de capter LE mouvement ? Mais qu'est-ce que c'est que ça, le mouvement ? Ce qui bouge au-delà de ce que l'on perçoit qui bouge. Un peu mystique comme conception, je vous l'accorde. Mais c'est vrai, j'aime bien sentir "ce qui bouge" pas seulement dans ce qui bouge. Filmer, c'est un peu comme danser, il faut être sensible et réceptif à ce qui bouge à l'intérieur des choses et des êtres, à des micro-mouvements qui font qu'un geste se réalise ou non ; et ces micro-mouvements peuvent être ceux du corps, mais aussi, des mots, de la chair, en tant qu'elle est traversée par tout ce qui nous touche, et, par conséquent, nous façonne.

Je parle là de MA chair, mais aussi, de la VÔTRE. Si, si.

De celles qui sont ainsi façonnées par le vent, l'amour, la haine, la présence et l'abandon, et tout ce qui intime à nos corps de

bouger. Comme les vagues et les mouvements de lune.

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10 août 2009

Journal de vacances (Récit, 4)

Soleil plombant aujourd'hui, mais agitation intérieure. Température de l'eau ? Je ne sais pas. Pourtant, y penser me fait me souvenir de cette époque, où enfant, je tenais un relevé quotidien, bi-quotidien, même, de la température de l'eau et de l'air. Je m'aidais du relevé établi par les CRS sur la plage, le matin et l'après-midi et traçais de beaux graphiques, très soignés, sur papier millimétré, que je collais ensuite dans un petit carnet. Mes carnets d'été. Je n'y racontais rien, alors. Enfin si, peut-être. Ils étaient en tout cas une occupation quotidienne que j'appréciais particulièrement. J'aime beaucoup les papiers millimétrés.

 

Agitation intérieure, donc. Mauvaise nuit. Insomnie. Ça arrive, bien sûr. La peau un peu brûlée par le soleil de la veille. Bêtement, je ne me suis pas méfiée. Pas mis de crème, illusionnée par le vent qui dissipait la chaleur.
Nuit angoissée.

 

Dans ces moments-là, ce qui gronde à l'intérieur de moi, c'est un vente de révolte. Révolte contre une certaine marche du monde, qui assassine toujours les plus faibles. Je sais, en vacances, au soleil, je suis censée penser à autre chose. Mais non, en fait. Ce sont aussi des moments, particulièrement "vacants" où des pensées aiguës comme des scies me traversent. Peut-être est-ce tout simplement le moment de les accueillir, d'y penser pour en penser quelque chose de plus construit et, qui sait, de plus efficace pour lutter contre les marasmes toujours possibles. Mais que faire contre la marche du monde ? Rien. On ne peut que là et là, parfois, un petit peu. Modestement. Faire quelque chose. Et continuer, sans doute, à essayer de se tenir debout sans trop déroger à ce qui nous permet de continuer à être.

 

C'est déjà ça après tout. Et ici, la violence calme, existentielle, de la mer est plutôt rassurante. Elle contrebalance un peu les maux du monde ressentis ou éprouvés. Mais elle ne les efface pas. Tant mieux. A sa manière, elle contribue à sa manière à maintenir cet état de veille, à l'intérieur de soi, si précieux pour se sentir être. Se rendre capable d'être avec d'autres aussi. D'avancer sur des chemins où la solitude est détrônable. De penser et d'être dans le langage, loin d'une aphasie parfois tentante, qui tenterait de laisser le reste derrière soi..."après moi le déluge", chose que je déteste.

 

De la musique. Désir de musique, classique surtout, en tout cas en ce moment. Opéra ou musique de chambre. Mozart ou Vivaldi. Nono ou Scelsi. Laisser les mots se taire et s'adoucir, revenir à eux-mêmes...Se permettre d'écouter ce qui en soit, chante, ne serait-ce qu'à peine.

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09 août 2009

Journal de vacances (Récit, 3)

Le temps s'écoule donc parfaitement lentement, comme il se doit. Légère accélaration. Le marché. Préparation du repas. Filets de dorades grillés, miamm...Puis de nouveau un temps lent, envie d'une petite sieste...Le ciel hésite, entre soleil et pluie, légère brise. L'atmosphère générale est assez douce. Je m'octroie quelques minutes de surf sur internet, pour suivre les actualités. Ça, je ne peux pas m'en passer. Et c'est une chose que j'aime sur internet : l'arrivée rapide des informations, et leur mélange. Autant je déteste le manque de hiérarchisation des événements dans la présentation des journaux télévisés, autant j'aime la diversité de celles qui me parviennent par internet et que je trie moi-même, finalement. Cette sensation d'être reliée aussi, à l'ensemble du monde, me plaît. Quelques secondes de voyage, donc.

Un article relayé par Metropolis Haïti me transporte à Port-au-Prince, ville que je connais un peu. Il traite de la culture haïtienne, l'auteur se demandant si celle-ci tient encore la place qu'elle mérite dans ce pays. La question est de savoir quels sont les choix politiques qui sont faits. La culture ne serait pas une urgence. Bien sûr, l'on peut comprendre. Face aux problèmes économiques cruciaux, la question de la culture pourrait paraître dérisoire. Et pourtant. La culture et l'art ne contribuent-ils pas, eux aussi, à nous maintenir en vie ?

Dehors, par la fenêtre, je regarde les pins immobiles. Le temps se gâte un peu, mais ce n'est pas très grave. La plage est belle quel que soit le temps, je trouve.

L'envie, récurrente, de prendre un avion pour aller n'importe où. Planter une ancre provisoire dans un endroit inconnu.

Mais pourquoi est-ce que je ne le fais jamais ?

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08 août 2009

Journal de vacances (Récit, 2)

La maison semble en ordre. A peu près rangée. Oui, avec moi, c'est toujours à peu près, ça ne peut pas être plus. Je ne sais pas ranger et n'aime que le désordre. Enfin, un certain désordre. Evidemment, ce désordre doit refléter celui de mes émotions, ou de mes sentiments. Je me suis rendue compte il y a peu qu'un de mes plaisirs était de mettre en désordre les pièces dans lesquelles je vivais. Les chambres, notamment. Comme si ma chambre n'était finalement jamais la mienne (- et d'ailleurs, c'est un peu vrai), et que finalement, pour qu'elle le devienne un tant soit peu, je devais y poser les empreintes rassurantes du désordre.

Ici, "ma" chambre n'est clairement pas la mienne, puisque cette maison n'est pas tout à fait la mienne non plus. Cela peut sembler anodin, mais aujourd'hui, cela me paraît important. Cette maison est une maison de famille, même si, depuis longtemps, je suis seule à en occuper cette chambre.

Et l'on dirait que cette maison renferme encore, des années plus tard, toutes les querelles et les névroses qu'elle y a vu naître. Je me demande si je l'ai vraiment aimée, un jour. Je me souviens l'avoir d'abord détestée, enfant, puis désertée. J'ai ensuite tenté d'y revenir, je l'ai adorée. Ou j'ai tout fait pour l'adorer. Je m'en suis persuadée. Comme un remords. Comme la région dans laquelle elle se trouve. A l'image, sans doute, des démêlés, amours et haines, et autres conflits familiaux. Maintenant, je l'aime moins. Comme si elle commençait à me devenir indifférente. Enfin, c'est difficile à dire avec précision. Je ne sais absolument pas si je dis la vérité ou bien si je me mens encore à moi-même. J'essaie, pourtant, d'être le plus proche possible de la vérité, mais ce n'est pas toujours si simple, dès que les émotions s'en mêlent.

Aimer, se forcer à aimer, puis détester. Se mentir à soi-même alors qu'on voudrait ne dire que la vérité. C'est sans doute aussi le mouvement de l'amour, dans beaucoup de cas. Et il n'est pas toujours si facile de ne pas se mentir.

Mais l'indifférence, en réalité, m'est impossible. Bien qu'il m'arrive de n'avoir aucun plaisir à aimer. Et je ne peux que constater ces forces, qui nous frôlent, et nous poussent les uns vers les autres, ou contredisent nos désirs et sentiments, les directions que nous voudrions donner à nos vies.

Cependant, la plupart du temps, j'aime férocement, pour ainsi dire. Jusqu'au grand point de solitude où l'amour peut nous entraîner, parfois. Un peu comme lorsque la mer se retire, à marée basse, laissant affleurer les traces les plus profondes du sable, qu'ont creusé des milliers de pas, de vies, et ce sans aucune usure du temps. Un peu comme la mer revient doucement sur le sable, pour l'abreuver jusqu'à plus soif.

Voilà ce que j'aimerais vivre, sans doute, un amour sans aucune usure du temps. Je ne sais pas si cela existe, ni si c'est autre chose qu'un amour immobile, donc mort, peut-être.

Heureusement, il y a la mer, qui se déploie, se déplie, dans le flux et reflux de nos pas incertains, jour après jour, quelles que soient les marques et les blessures du temps...redonnant vie là où tout ce qui est ressenti est insensiblement précaire...

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