La plage n'est pas loin, certes. Et j'écoute cette très belle série sur France-Culture à propos de Marguerite Duras. Cela me fait immensément plaisir de réentendre sa voix. Les témoignages sont passionnants. C'est un vrai régal. Replonger dans son univers me permet en outre de comprendre pourquoi, à une époque, je ne jurais que par son œuvre. Le ravissement est toujours présent.

Il ne fait pas un temps extraordinaire et la plage ne me fait pas tant envie que ça. Même aller voir la mer, que j'aime surtout par-dessus tout. Mais aujourd'hui, c'est étrange. Je suis dans cet endroit que je connais depuis mon enfance et donc comme ma poche, comme si j'y étais de passage. La maison de famille a failli être vendue. Elle ne l'a finalement pas été, mais c'est comme si j'en avais (déjà) fait le deuil. Je n'ai même pas envie de rester. Je voudrais aller ailleurs. Mais où ?

Evidemment, plein d'autres endroits seraient possibles.

Heureusement qu'il y a la radio. C'est une invention extraordinaire la radio. Ces voix qui vous accompagnent, vous guident parfois. Loin de la dictature ambiante des images. Qui vous laissent le temps de penser. Ou de ne pas penser.

Ce sont les vacances et je m'ennuie. J'ai toujours détesté les vacances, je crois. Toutes ces obligations. S'amuser. Aller à la mer. J'adore la mer pourtant. Mais ce que j'aime surtout vivre à la mesure et à l'écoute des mots qui me parviennent, de l'intérieur ou de l'extérieur.

"La mer est là", dit-elle à la radio. Entre autres choses. "Toi, l'enfant, la mer. Je lui ai raconté l'état de la ville. Puis, je lui ai parlé de l'histoire. Je lui ai parlé longtemps." (Aurelia Steiner)

Retrouver quelque chose en soi d'une résonance que l'on avait perdue.