Cinquième jour de ce journal. Hum, c'est un peu bizarre, à bien y réfléchir, de compter ainsi les jours alors que ce sont les vacances. Mais j'aime bien. Pas tant compter les jours, mais écrire ces mots chaque jour, ce qui m'oblige à rassembler des idées éparses, à leur chercher une quelconque cohérence, à me poser quelques questions sur l'écriture. Douce obligation, et même, plaisir extrême. C'est agréable d'écrire. De se laisser divaguer à la recherche de fils conducteurs et déliés qui se tressent par moments sans qu'on n'y prenne garde.

De poser un à un les mots sur l'écran, de les regarder s'animer en quelque sorte. Pas besoin de 3D (mais c'est très bien, aussi, les images en 3D, bien sûr, des océans de nouvelles possibilités, sans doute).

Aujourd'hui, je ressens néanmoins un déficit d'images. Pas de celles que l'on voit partout, qui s'affichent partout. Plutôt de celles qui se forment elles aussi à notre insu et captent, malicieusement, notre œil...Mais pas très envie de prendre un stylo, et pas de camera disponible, malheureusement. La caméra, c'est ce qui m'excite le plus, je crois. Filmer les images en mouvement. Tenter de capter LE mouvement ? Mais qu'est-ce que c'est que ça, le mouvement ? Ce qui bouge au-delà de ce que l'on perçoit qui bouge. Un peu mystique comme conception, je vous l'accorde. Mais c'est vrai, j'aime bien sentir "ce qui bouge" pas seulement dans ce qui bouge. Filmer, c'est un peu comme danser, il faut être sensible et réceptif à ce qui bouge à l'intérieur des choses et des êtres, à des micro-mouvements qui font qu'un geste se réalise ou non ; et ces micro-mouvements peuvent être ceux du corps, mais aussi, des mots, de la chair, en tant qu'elle est traversée par tout ce qui nous touche, et, par conséquent, nous façonne.

Je parle là de MA chair, mais aussi, de la VÔTRE. Si, si.

De celles qui sont ainsi façonnées par le vent, l'amour, la haine, la présence et l'abandon, et tout ce qui intime à nos corps de

bouger. Comme les vagues et les mouvements de lune.