Je n’ai pas grand-chose à raconter aujourd’hui. Je dois me sentir vraiment en vacances, pour une fois. L’impression que mon cerveau tourne au ralenti, si ce n’est à vide, ne se préoccupant que de petits soucis quotidiens qu’il faut bien gérer. Machine à laver en panne, par exemple. Rien de grave, donc.
Je crois d’ailleurs que c’est ce qui est le plus difficile pour moi. Composer avec la légèreté. Je n’ai pas tellement l’habitude, la légèreté dure rarement chez moi. La gravité m’intéresse souvent beaucoup plus, mais c’est assez épuisant. J’ai donc souvent envie de légèreté, mais beaucoup de mal à m’y inscrire vraiment, dans la durée. J’en éprouve cependant de plus en plus le besoin.
Histoire d’enfoncer un peu le clou, j’ai souvent l’impression qu’il s’agit là d’une histoire de destinée…à laquelle j’essaie régulièrement d’échapper, mais en vain. Quelque chose de grave, de tragique même me rattrape presque toujours, inexorablement. Pas forcément moi en particulier, et c’est heureux, mais la sensation – ou le goût ? (parfois je m’interroge, au moins pour éprouver les limites du (dé)raisonnable) – du tragique pèse souvent. C’est assez pénible. J’envie parfois l’insouciance, même si je sais que je ne pourrais m’en satisfaire. La conscience, souvent aiguë, des difficultés et des drames, m’est nécessaire. Je crois trop en la conscience et la lucidité pour bouger un tant soit peu ce qui doit ou peut l’être, pour un peu de mieux.
Je suis donc quelqu’un d’intranquille. Autant le savoir après tout. Et c’est un exercice presque quotidien d’établir un certain équilibre des émotions qui permette une vie quotidienne, non seulement possible, mais pas trop brutale ou douloureuse. Peut-être est-ce cela, les vacances. S’attacher, au moins par moments, à une forme d’ajustement entre soi et la vie possible. Cet ajustement sans lequel aucun bonheur n’est possible.