Bien sûr, il y a eu drame. Jusqu’à la mort. Cela fait longtemps maintenant, mais quelque chose s’est produit sur la durée et répété, quelque chose de suffisamment violent pour que la vie s’organise différemment de ce que l’on aurait voulu. Le drame constituant une sorte de point de fuite, de perspective, autour duquel tout s’est reconstruit, pour le mieux, ou de la manière la moins pire. Mais pas comme on aurait voulu. Cela échappe en quelque sorte à l’entendement. A moins de prêter l’oreille avec beaucoup d’attention.
Rien ne se voit vraiment, à moins que l’on ne sache. Cela arrive, parfois. Il faut alors être très doux, observateur, pour percevoir les altérations de formes, et celles qui restent souples malgré tout. Pour percevoir les lignes qui ont été projetées dans telle ou telle direction. En quoi consiste le fait de vivre. Suivre ces trajectoires imposées par une violence presque invisible, ou rétablir un trajet plus proche de ce que l’on désire. Eviter ou contourner ce qui s’est produit, mais marcher comme un funambule sur ces lignes de nerfs, ou chercher le sable plus accueillant entre les lignes. A moins que ce ne soit écrire ou tracer d’autres lignes, sans cesse réinventer les formes, les creux, les pleins, l’amour. Echapper aux pièges et cicatriser les blessures, pour que de nouveaux horizons se fassent jour.
Chaque jour. Comme il se doit, pour que le tissu de la vie se pare de toutes les virtualités possibles, se répare et se pare de toutes les facettes scintillantes qu’elle puise à l’intérieur, à l’extérieur. Et qu’il constitue finalement une peau suffisante pour accueillir les flux de vie et de tendresse pouvant à nouveau en émailler le cours, et enjoindre…les êtres à se remettre en mouvement.