à la radio, j'écoutais une émission sur France-Culture. C'était une prostituée qui parlait de son métier, d'un métier qu'elle aimait. Elle expliquait, très simplement, qu'elle avait sauvé certains hommes du désespoir, peut-être de la mort. Comment ? En étant là, voilà, juste là, en existant, avec ce surprenant métier. Elle expliquait tout aussi simplement à quel point la vie pouvait être dure. A quel point le corps exprimait toutes sortes d'émotions. Ses mots se posaient comme ça, avec une justesse rare sur l'essence de la vie même. 

Sur des moments, de vie, sur des rencontres. Cette simplicité est belle et rare. Surtout lorsqu'elle va autant en profondeur. Ce qu'elle disait, c'était autant de traités psychologiques ou psychanalytiques, ou métaphysiques, ou philosophiques, comme ça, en quelques mots, prononcés d'une voix claire. Sûre. Néanmoins sans aucune arrogance. 

Cette simplicité-là, qui n'a rien à voir avec de la réduction, de la "contraction", du résumé, du moins, me touche. Ces voix ont le don je pense de se faire entendre par le souffle qui les anime, au plus profond de la nuit. Du plus profond de la nuit. Les personnes comme Sonia sont précieuses. 

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/pieds/

J'écris ce petit texte après l'avoir entendue et ses mots me reviennent en mémoire, presque "comme ça". J'ai pourtant entendu des flots de mots aujourd'hui, et pas des moindres pour autant. 

Oui, la vie est dure. 

Oui, le corps dit, parle. Oui, les mots et les corps font circuler de la vie, profondément humaine, à travers nous. Créant un peu de douceur, un peu de tendresse, le plus souvent. 

 

C'est demain, aussi. Et on peut podcaster.