03 mars 2008
Saturations (reflets d'ombre)...
...aux xérographes (voir lien)...
C'est un ensemble de textes et de dessins...il s'agit de paysages intérieurs dévastés, d'approcher les ombres que l'on ne distingue qu'à la faveur d'une lueur plus ou moins faible...
Vous pourrez trouver (et moi avec, le dimanche après-midi) le livre (mon premier...) au stand des Xérographes au Salon du Livre...
A bientôt
Louise
Ma présence au Salon du Livre ne constitue en aucun cas un soutien à la politique israëlienne. J'espère seulement que la Palestine verra le jour bientôt
et, avant tout, que les massacres cesseront le plus vite possible.
..que la poésie de tous pays et de toutes langues puisse y aider...
29 septembre 2007
Nuée
26 juin 2007
Poétique/politique
Ecrire, créer, est-ce se positionner hors du monde, accepter de n'en être que le témoin, ou au contraire accepter de s'immerger dans le monde pour le vivre, et le "dire" ensuite (ou de manière concommittente, voire coïncidente) ?
Coïncidente : est-il possible par exemple "d'écrire le monde" au moment même où on le perçoit, où on le vit ? De quelle littérature peut-il alors s'agir ?
Sans doute entre les deux existe-t-il une infinie variété de postures possibles.
Il n'empêche, la question du "politique" et des liens qu'il entretient avec l'art m'interroge, dans la mesure où j'ai de plus en plus de mal, personnellement, à les dissocier (mais est-ce vraiment un "mal" ...?).
Les dissocier : dire qu'il y a d'un côté l'art, de l'autre la vie, l'engagement dans la vie collective, sociétale. Je me demande alors d'où viennent les formes que l'on crée. Comment ne pas créer de formes vides si elles ne sont pas liées, d'une manière ou d'une autre, au politique ?
Politique : ce qui participe à la vie de la Cité. Village ou cité planétaire. Ce qui y apporte une contribution, même légère, en cherchant à faire bouger quelque chose de ce qui ne va pas.
En ce sens, toute écriture, toute énonciation, a fortiori si elle s'est heurtée à la conscience de soi/des autres et de ses limites, peut-être politique.
Le piège, cependant, comme le pensait par exemple Baudelaire, en refusant toute écriture "engagée", serait que celle-ci ne devienne plus qu'un prétexte, perdant ses qualités littéraires.
Il n'y a bien sûr pas de solution. Je me dis seulement que le champ poétique doit avoir conscience du champ politique, quelle que soit la position qu'il adopte par la suite. Que le politique ne doit pas restreindre la recherche des formes, mais qu'elle influe ou peut influer, sur elles.
Que le poétique se superpose parfois à la conscience politique.
Que le poétique est aussi une vision du monde et peut en dire une conception.
L'un des livres que j'aime le plus, et celui que j'aime le plus à cet égard est La cohée du Lamentin d'Edouard Glissant, qui est un essai poétique, politique, sur la poésie, à moins que ce ne soit sur le politique.
Dans un tout autre genre, la Montagne magique, de Thomas Mann, qui inscrit le destin d'un personnage dans un temps restreint, me paraît tout aussi politique que poétique.
Parler du monde à travers le langage.
Parler du langage pour parler du monde.
Un temps de mise au monde, dans et par le langage.
07 mars 2007
Fragilité
Parfois on peut se demander à quoi ça tient, de soit rester dans son coin et, en quelque sorte, de se terrer, soit, au contraire, d'accepter de se montrer, de dire, de s'exposer.
Cela peut faire l'objet d'un dilemme, voire d'un conflit à l'intérieur de soi. Mais il n'est pas forcément facile d'en saisir les enjeux.
Qu'est-ce qui fait qu'un jour, on passe de l'ombre à la lumière, ou au contraire de la lumière à l'ombre ? Qu'est-ce qui fait que quelque chose de relatif au "sort", au "destin" fait basculer une vie dans un sens ou dans l'autre ?
Sans doute y a-t-il les parts de chance, de hasard, d'adversité et de vents porteurs, celles que nous y mettons nous-mêmes, de notre propre gré ou à notre insu, inconsciemment. Celles qui nous font et nous défont. Celles qu'y mettent celles et ceux qui nous soutiennent, ou non...l'ensemble formant une alchimie particlière qui "prend" parfois ?
Je suis toujours stupéfaite de constater à quel point la vie elle-même, alors meme qu'elle paraît forte, solide, peut être fragile, ne tenir qu'à un fil, tandis que lorsqu'elle ne semble tenir qu'à un fil, elle peut se révéler plus solide qu'un roc. Ce paradoxe peut bien sûr créer une sorte d'angoisse, mais il m'a aussi permis de prendre conscience des ressources parfois immenses mais insoupçonnées qu'un être humain a en lui.

16 janvier 2007
Blessure
C'est le titre d'un récit que l'on peut lire ici, accompagné de quelques dessins :
http://www.remue.net/revue/TXT0211Brun.html
Ces dessins sont en quelque sorte des autoportraits. Je dis "en quelque sorte" parce que la seule ressemblance recherchée est celle d'une sensation, physique et émotionnelle qui m'animait au moment où j'ai dessiné ces visages. C'étaient des émotions très violentes, très négatives, suicidaires même. Faire ces dessins m'a d'ailleurs permis de passer à autre chose, une fois qu'elles ont été déposées sur le papier, elles m'encombraient déjà moins.
Ce qui m'intéresse également dans ces figures est l'écho qu'elles peuvent peut-être provoquer chez celle ou celui qui les regarde.
En ce sens, elles sont comme des sortes de masques qui révéleraient des émotions et que chacun à un moment donné pourrait s'approprier, et peut-être "travailler". Faire circuler des émotions. Je crois que c'est autour de cette question que je cherche : comment faire circuler les émotions ressenties ? Comment faire résonner de manière empathique ce qui traverse, construit et déconstruit chaque être humain ?
Bien sûr, cela a à voir avec la blessure...et écrire m'apparaît parfois comme creuser le sillon de la blessure...
Il ne faudrait pas croire cependant que écrire et dessiner soient des pratiques tristes. Non, au contraire, même en ayant affaire à
la douleur, les pratiques en elles-mêmes sont plutôt jubilatoires, et, au minimum, apaisantes, bien qu'elles ne réussissent pas à changer le monde...
15 janvier 2007
Commencement
Ecrire, dessiner, est pour moi, je pense, tout d'abord une activité enfantine de gribouillage. Ce n'est qu'en travaillant "nerveusement" des gribouillages que j'ai commencé à écrire ET dessiner. Les deux étant intimement liés. Une pratique entraînant et "cherchant" l'autre, c'est ainsi que peu à peu des textes se sont construits, et des dessins, voire des tableaux, ont vu le jour.
Ecrire, comme dessiner, ou dessiner comme écrire, en quelque sorte.
Ecrire, comme une obssession qu'il faut parfois contenir, pour mieux la modeler.
Dessiner, parfois pour aller chercher les mots, un peu plus "loin" en soi...
Ecrire pour se frotter à soi-même et au monde, entendre les résonances intérieures qui font de nous ce que nous sommes...ou pas.
Pour chercher le réel à travers la fiction.
Ecrire les émotions, les sensations, qui nous traversent, nous laissant parfois à terre, ou nous faisant voler.
A lire aussi :
http://www.inventaire-invention.com/textes/brun.htm




