29 juin 2008
Ecrire des lignes
Lorsque l'écriture prend forme, elle forme au sens strict
Des lignes. Horizontales en ce qui concerne l'écriture française
que j'utilise.
Peu de choses à dire, donc, sur cette forme,
sinon qu'elle apparaît à la fois comme une contrainte
et une facilité
reposante.
Ecrire, c'est "faire des lignes". Les faire
se tenir
les unes en dessous des autres
en justifier intérieurement
la longueur, surtout si l'on ne respecte pas exactement
la largeur
de la page.
C'est disposer des bribes
de pensée
dans un espace
prédestiné.
C'est parfois tenter de
mettre de l'ordre dans
ses pensées, ou
simplement
les faire apparaître
les observer.
Disposer les mots sur les lignes
c'est être, même juste un peu,
en train de faire émerger
la pensée. C'est la faire
passer
du stade d'embryon
à celui de chrysalide
voire de papillon
ou de texte.
Comme la parole est parfois
le prélude
à un texte plus
construit.
Ecrire, c'est dessiner
des formes qui nous relient
au monde et nous
font renaître
à nous-mêmes.
17 mai 2008
Envol
Frôler le ciel et peut-être espérer 
côtoyer dieu
Caresser le soleil
au-delà
du vertige
Eteindre en soi ce qui
alourdit, terrifie
et sentir
la lègèreté douce
du corps
en appesanteur
Embrasser le vent
et sentir son poids
sa force et sa résistance
nous soutenir.
(Photos du cirque Kirkas Gaya. Cf lien)
10 mai 2008
Amour
les fleurs de rouille
de ruine
n'en finissent pas
de pousser
dans les interstices
brillants
ou mats
que laissent
les moisissures
d'orages
à l'intérieur
et tracent
presque malgré elles
de nouveaux
espaces
d'amour.
LB08
04 avril 2008
Echos lointains des guerres (extrait)
Ce qui se défait,
ce qui se crie,
ce qui se vide, 
ce qui hurle,
ce qui déborde, excède, déchire, dépèce
ce qui violente, étouffe, malmène,
ce qui meurtrit, comme frappe
à l'intérieur du corps, de la tête
ce qui bande les yeux
de l'intérieur
et laisse le corps
fantôme de lui-même
ombre noire se jetant
cognant, heurtant, glissant
contre des parois
obscures, invisibles
rugueuses
de cette âpreté
qui prend
à la gorge
ce qui
engouffre, gouffre, souffre
comme triture
la douleur
laissera-t-il la place
aux ombres heureuses
de l'amour
aux prémisses insensées
de la joie
à une douceur
autre qu'exsangue
LB08
18 janvier 2008
Résonance
Comme une pluie d'étoiles
qui chutent et se taisent
dans l'abîme sombre d'une âme
touchée
puis commencent à chanter,
de ce chant lourd et profond
qui s'extrait
avec facilité pourtant
des antres du corps creux
et résonnant
lent réceptacle
des sens, du sens
s'élèvant,
toujours incidemment renouvelé.
04 janvier 2008
Belle et heureuse année 2008 ! (Lumières, bis)
24 décembre 2007
Lumières
Ouvrez l'œil, les lumières ne sont pas toujours visibles au premier coup d'œil, mais elles sont là...
Bonnes fêtes de fin d'année !
Louise
01 novembre 2007
Ciel de rouille
Griffure de rouille
A ciel ouvert
Ce qui de l’être cherche l’étreinte
Et s’écorche parfois
Aux lambeaux aiguisés
Du passé et de la mémoire
Assassine
Mais se faufile
Pourtant
Comme malicieusement
A travers leurs méandres
Créant le mouvement qui les porte vers…
18 août 2007
Sallertaine
Sallertaine est une petite ville de Vendée, connue notamment pour son moulin (le moulin de Rairé) et dotée d'une très ancienne église romane, vraiment très jolie, datant du XXème siècle. Elle est malheureusement assez abîmée, mais sa restauration devrait bientôt commencer.
J'y suis allée ce matin, parce qu'elle me plaît beaucoup. J'y trouve plus qu'ailleurs une atmosphère propice à la prière, au recueillement, à un moment de paix voire de bonheur intérieur, car je m'y sens en confiance.
Je m'y sens invitée comme une amie et ce sentiment m'est très agréable.
Elle est assez petite, et la couleur de ses murs, abandonnés au temps qui passe et à l'humidité est d'un blanc délavé, dans lequel des teintes rose, rouge réapparaissent, laissant deviner d'anciennes fresques, en filigranes ou en empreintes, comme fossilisées dans la pierre. L'ensemble est très doux, éclairé par des fenêtres sans vitraux, et donnant sur un chœur sans doute plus récent, mais très beau aussi. Un peu effacé par le temps, comme témoignant d'une présence discrète, mais inaltérable et doucement enveloppante.
Dans un recoin de la nef, il y a un petit gisant, posé presque au sol, et très impressionnant.
Je ne sais pas de qui il s'agit.
En face, une petite crypte, comme une petite chambre singulière et reposante.
Au sol, les dalles noires et blanches forment une mosaïque d'une extrême simplicité et magnifique.
J'espère seulement que la restauration ne trahira pas le doux et profond sentiment d'intimité avec Dieu...ou la lumière...ou le bien-être (chacun selon ses (non-) croyances)...qui en émane.
24 juillet 2007
Ecrire comme...
...on pense. Penser comme on écrit. Parler comme on pense, penser comme on parle ? Ou encore, écrire comme on parle, parler comme on écrit ?
Et la sensation parfois d'une totale "étrangeté" entre le fait de parler, penser, écrire.
Pensée du tout venant. Ecrire en flux continu. Penser. Réécrire. Elaborer. Penser à autre chose ou autrement. On dirait parfois que la pensée va plus vite que les mots, à d'autres moments que les mots vont plus vite que la pensée. Il y a de la jubilation dans tout cela, à observer le passage d'un "mode" à l'autre. Un plaisir qui pourrait même me faire tourner en rond, m'enfermer dans une forme d'abstraction qui ne me plaît pas...de celles qui déssèchent en faisant oublier le réel, la chair du réel...le fruit, la pulpe, c'est-à-dire ce que j'ai à vivre.
Equilibre précaire entre le réel et la parole, sorte de fil tendu au-delà d'étranges espaces psychiques qui parcourent le monde, le font et le refont...l'interprètent et le transforment, ou tendent à le rendre tel quel...
La précision. Celle des mots, mais aussi et surtout celle des sensations, des émotions...Ce qui se conçoit bien s'énonce-t-il clairement ?...je ne sais, pourtant...Mais je me dis toujours que la recherche de précision est particulièrement importante quelle que soit la forme d'art que l'on pratique, quelle que soit l'histoire d'amour que l'on vit, quel que soit le réel que l'on poursuit...







