Louise, l'atelier

blog plastique et poétique - présentation de mon travail - écriture, dessin, peinture et autres images - ainsi que quelques réflexions à propos de tout, de rien et d'autres choses...

03 novembre 2009

Aujourd'hui

à la radio, j'écoutais une émission sur France-Culture. C'était une prostituée qui parlait de son métier, d'un métier qu'elle aimait. Elle expliquait, très simplement, qu'elle avait sauvé certains hommes du désespoir, peut-être de la mort. Comment ? En étant là, voilà, juste là, en existant, avec ce surprenant métier. Elle expliquait tout aussi simplement à quel point la vie pouvait être dure. A quel point le corps exprimait toutes sortes d'émotions. Ses mots se posaient comme ça, avec une justesse rare sur l'essence de la vie même. 

Sur des moments, de vie, sur des rencontres. Cette simplicité est belle et rare. Surtout lorsqu'elle va autant en profondeur. Ce qu'elle disait, c'était autant de traités psychologiques ou psychanalytiques, ou métaphysiques, ou philosophiques, comme ça, en quelques mots, prononcés d'une voix claire. Sûre. Néanmoins sans aucune arrogance. 

Cette simplicité-là, qui n'a rien à voir avec de la réduction, de la "contraction", du résumé, du moins, me touche. Ces voix ont le don je pense de se faire entendre par le souffle qui les anime, au plus profond de la nuit. Du plus profond de la nuit. Les personnes comme Sonia sont précieuses. 

http://sites.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/pieds/

J'écris ce petit texte après l'avoir entendue et ses mots me reviennent en mémoire, presque "comme ça". J'ai pourtant entendu des flots de mots aujourd'hui, et pas des moindres pour autant. 

Oui, la vie est dure. 

Oui, le corps dit, parle. Oui, les mots et les corps font circuler de la vie, profondément humaine, à travers nous. Créant un peu de douceur, un peu de tendresse, le plus souvent. 

 

C'est demain, aussi. Et on peut podcaster.

 

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07 janvier 2009

Articles à lire

http://www.lepost.fr/article/2009/01/07/1377239_surenchere-tragedie.html

http://www.respectmag.fr/spip.php?article727

Impossible de se taire...

24 février 2008

Un "cadeau" ? quel cadeau ?

Je vais essayer de sortir de l’état « médusé » dans lequel je me trouve plongée.
Je suis effarée par l’injonction lancée aux enseignants de faire parrainer un enfant mort pendant la Shoah par un enfant de CM2.
Je ne comprends pas, M. Le Président, que l’on puisse lancer ce type d’injonctions ainsi, « d’en haut », aux enseignants qui n’ont heureusement pas attendu cela pour se pencher sur ces questions.
Je ne comprends pas que l’on puisse confondre à ce point émotion, mémoire, histoire.
Ce sujet est bien trop sérieux pour être ainsi traité. Et l’enjeu est immense pour l’avenir de notre société.

Je suis choquée. Choquée que l’on puisse vouloir infliger cela à un enfant en prétendant en outre qu’il s’agit d’un « cadeau ». Comment ne pas imaginer que la mémoire, M. Sarkozy, puisse aussi être un cadeau empoisonné si elle n’est pas en lien explicite, explicité, avec l’histoire ? Si elle n’est pas portée par un travail de fond avec les enfants à qui l’on s’adresse ? Que la « mémoire pour la mémoire » ne peut qu’annihiler ce que le(s) devoir(s) de mémoire(s) peut apporter ? Il s’agit bien pourtant, si j’ai bien compris votre intention, de renforcer la cohésion nationale et de prévenir la société contre les abus et extrémismes ?

Je ne souhaite pas que mon enfant risque de subir cela un jour.

Je souhaite ardemment, en revanche, que la Shoah lui soit enseignée. Et je souhaite continuer, en tant qu’enseignante, à faire prendre conscience à mes élèves des tragédies humaines qui parcourent l’histoire, dont bien sûr la Shoah. Mais je souhaite que d’autres « mémoires » lui soient aussi enseignées et je souhaite également continuer à enseigner dans ce sens.
Je dis bien « enseigner », c’est-à-dire avec respect, pédagogie et rigueur.
Pas par injonction.

Je ne comprends pas non plus, M. Sarkozy, que vous mettiez en avant le devoir de mémoire qui nous incombe à tous vis-à-vis de la Shoah et que, dès qu’il s’agit des crimes du colonialisme, et des siècles d’esclavage, vous parliez de « repentance » a fortiori comme un gros mot. Je ne comprends pas que vous ne mentionniez que l’une des mémoires au détriment des autres. N’est-ce pas justement entrer dans une sorte de « guerre des mémoires » qui ne peut être que néfaste pour la communauté nationale ? Ne pensez-vous pas que ce sont les souffrances de chacun qui créent les déterminismes historiques, attisent les rancœurs et créent les tensions sur le territoire national ? Que notre responsabilité en tant que citoyens doit être partagée et concerner chacun ?

Je pense en effet que les souffrances des uns ne doivent pas être reconnues au détriment de celles des autres. Qu’au contraire, les souffrances et leur (re)connaissance, doivent nous permettre de créer des passerelles entre les individus, les peuples et les sociétés dans toutes leurs composantes. Que reconnaître la souffrance des uns, quels qu’ils soient, ne doit pas amoindrir et n’amoindrit pas celle des autres, mais met et doit mettre en lumière ce qui reste autrement dans l’ombre et nourrit la haine. Que cela ne nuit pas à la reconnaissance de chacune des tragédies dont il peut être question, mais qu’au contraire, cela permet de mieux connaître et comprendre pour mieux avancer ensemble. Les uns avec les autres. Tous les autres. Pas contre.

LB08

On peut signer la pétition du Nouvel Observateur ici :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/politique/20080220.OBS1422/shoah__un_appel_du_nouvel_obs_contre_la_proposition_sar.html

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21 janvier 2008

Croyance(s)

J’ai le droit de ne pas croire. J’ai le droit de croire.
J’ai le droit de croire en la Liberté de croire ou de ne pas croire.
J’ai le droit de croire dans la religion de mon choix. Ou non.
J’ai le droit de croire autrement que par le biais d’une religion.
C’est sans doute parce que j’ai pris la liberté de ne pas croire que je crois.
Ma croyance ou ma non-croyance ont pour limite le respect des croyances des autres. Je ne suis pas prosélyte.

Ma croyance, ma foi, mes non-croyances, mes doutes, sont aussi MES croyances.

Je crois (peut-être) en Dieu, mais aussi (parfois) en l’homme, et en un certain nombre de valeurs qui définissent ce que je suis, ce que je pense, au même titre que d’autres critères « d’être ».

Je crois en la laïcité par respect des croyances et des non-croyances des autres.

Je crois et souvent j’espère.
Mais je désespère aussi.
Je désespère d’un monde qui me paraît sans cesse plus dévasté, et plus violent et dévastateur.

J’espère aussi, mais pas toujours, en un monde meilleur.

En cela, je suis comme ceux qui croient, et comme ceux qui ne croient pas. Ce sur quoi est fondée mon espérance me regarde, même si j’aime aussi pouvoir la partager avec d’autres.
Quel que soit ce fondement, il n’est pas incompatible avec d’autres fondements d’espérance. Heureusement pour moi, je peux espérer avec d’autres personnes qui ont d’autres raisons d’espérer que les miennes. Je peux être désespérée aussi avec ces personnes face, par exemple,

Aux problèmes qui semblent toujours plus violents
Du monde.

Aux situations dramatiques.

J’espère aussi parce que j’écris.
Ecrire, comme croire, mais aussi douter, me donne de la force, des forces.
Je ne sais pas exactement pourquoi, mais écrire me fait espérer.

L’écriture est sans doute pour moi une forme de prière.

LB08

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18 septembre 2007

Quelque chose de la langue

Je ne sais ce que dit la langue (ce que disent les langues), si ce n'est le désir d'échanger, de transmettre, et de donner sens à ce qui autrement ne serait sans doute que nébuleuses opaques, grisailles et formes indistinctes. Car quelle que soit la forme que peut prendre une "langue", "maternelle" ou non, verbale ou non, si elle existe et est reconnue comme telle, c'est précisément parce qu'elle donne corps à ce qui sinon serait peut-être tout aussi "réel", mais resterait dans l'inconnu, le non-dit, le non-explicité. Or, l'implicite, lorsqu'il existe, est bien là pour être compris, entendu, alors même qu'il n'est pas "dit"...Il est une part de ce qui fait la complexité et la richesse des échanges, de la "communication", part à laquelle il est impossible d'échapper, quoiqu'on en dise...

Pas la seule, certes. Cette complexité provient aussi, entre autres, de la difficulté que nous éprouvons à nous accorder sur le(s) sens d'un même mot, d'une même expression, d'une même notion, difficulté qui parfois mine complètement le terrain des échanges : allez parler de "démocratie" avec un antidémocrate, de "beau", de "bien", de "liberté" ou de "bon sens" avec quelqu'un dont vous ne partagez que peu de convictions, il est probable que la conversation se résume à la nécessité d'une explication de texte (à moins qu'elle ne soit impossible pour cause de soudaine "surdité"), ou à un consensus béat, à proprement parler sidérant...

La tentation peut être grande, par conséquent, de ne "communiquer" que sur et avec certains mots, assez généraux, tellement généraux qu'ils peuvent en devenir complètement vides de sens. C'est pratique, cela donne l'impression de "bien parler", permet  de forger des consensus de surface auxquels il est si facile d'adhérer, et même, le cas échéant, de se poser en donneur de leçons ("Qu'est-ce que vous parlez mal !", plutôt que "Mais que voulez-vous dire ?") et de réaffirmer le pouvoir que le langage confère à celui qui sait le manier habilement...au détriment de ce qu'il y aurait vraiment à dire...

 

Car parler avec des mots vides de sens, c'est aussi empêcher l'autre de donner du sens à ce qui est dit, l'empêcher de comprendre en brouillant les repères nécessaires. C'est mettre en avant un artifice, pour masquer le vide. C'est renvoyer l'interlocuteur à ses propres vides, aussi, en le maintenant dans une position narcissique mortifère tout en lui tendant le miroir de Blanche-neige...Oui, vous êtes toujours le plus beau, la plus belle...puisque vous m'écoutez, et surtout, me comprenez...

 

Les discours politiques sont bien sûr un lieu privilégié (mais pas le seul) pour s'exercer à l'habileté rhétorique et utiliser ce pouvoir dans son propre intérêt, plutôt que pour le bien public. Mais les mots et les langues et les langages appartiennent bien à tous, y compris à ceux qui peinent à s'en servir ou qui ne "maîtrisent" pas une langue.
Or, si la langue est un pouvoir, ce pouvoir doit être partagé, quelle qu'en soit la difficulté.

 

A l'heure où il est question d'instaurer un test de langue pour pouvoir s'installer en France, où il est souvent question du niveau déplorable en français des élèves, où la "communication" (mais aussi ce qu'il en reste) va et tire plus vite que son ombre grâce à internet, où  les discours politiques se succèdent pour rendre "social" ce qui va se traduire par une augmentation du coût de la vie et de la santé et accroître les inégalités, je me dis qu'il est urgent de savoir ce que nous faisons de notre faculté de parler, de notre liberté de parole et de compréhension.

 

Parce qu'une langue, ça s'apprend.

Mais vous, comment aviez-vous compris : "Ensemble, tout est possible ?"

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16 septembre 2007

Je relaie...Affirmation

un texte de Jean-Claude Tchicaya qui me paraît important et nécessaire en ces temps de communication souvent confuse....(et que j'ai donc co-signé.)

http://tribune-libre.blogspot.com/

Bonne lecture

Louise

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15 août 2007

Un peu de lecture...

Je viens de lire La guerre des Mémoires (La France face à son passé colonial), de Benjamin Stora (entretiens avec Thierry Leclère)...et je vous le recommande.
Le propos est clair et très lucide, il me semble, sur la situation actuelle de la France. Il est notamment précieux dans le débat actuel sur la question "qu'est-ce qu'être français ?", question traversée par les "immigrances" (autre titre du même auteur) qui ont construit la France. B. Stora y dresse justement le portrait de la France actuelle, aux composantes originaires et identitaires multiples, loin du "vieux", mais malheureusement toujours trop présent fantasme d'une France blanche et devant le rester pour préserver son "identité". Il en dénonce justement le danger en montrant comment ce fantasme met en scène une "guerre des mémoires" qui occulte les débats nécessaires à un apaisement des tensions.
De ce constat, interrogeant aussi la place de l'historien dans ce débat, il fait  apparaître une autre perspective, qui en appelle à chacun d'entre nous, quelle que soit notre origine, pour rendre à chacun sa part de passé, de responsabilité et de conscience. Un livre nécessaire...
(éditions de l'Aube, Seuil).

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30 mai 2007

Articulations

Les articulations sont des parties de notre anatomie que je trouve particulièrement...disons, judicieuses ! Ce sont elles qui nous permettent de nous mouvoir, de nous assouplir (de nous tendre aussi, d'ailleurs). Et aussi, elles permettent de joindre les différents membres les uns aux autres. Elles lient, relient, délient. Permettent non seulement le mouvement, mais le geste, le "dire sans dire" par le corps, la danse, de celle que porte chaque corps, danseur ou non danseur.

Dans le langage, elles permettent de relier des mots les uns aux autres pour faire des phrases, des discours.
Elles permettent de nuancer la pensée, de l'expliciter, de la rendre complexe.
Elles sont l'inverse de "l'effet de masse", de l'indistinction : au contraire, elles distinguent, affinent, précisent, joignent, sans confondre. Elles sont un instrument précieux contre la confusion.

Celle qui menace particulièrement en ce moment, me semble-t-il, à l'époque où il devient de bon ton par exemple de ne plus faire de distinction entre la droite et la gauche, par exemple, d'effacer toutes les différences pour mieux les ignorer, au lieu de comprendre, par un réel effort de pensée, que toute différence est aussi signe de singularité, au sens le plus profond et productif du terme, qui fonde l'unicité des personnes, la cohérence de certains groupes, la vie individuelle et sociale.
Bien sûr, il faut faire attention à ce que la différence, quelle qu'elle soit, ne devienne pas l'unique trait distinctif de telle ou telle personne ou groupe, c'est-à-dire qu'il faut lutter contre le fait que la différence stigmatise, ou sectarise, sans l'effacer pour autant.

C'est vrai, aujourd'hui, j'ai peur, entre autres choses, que la complexité de la pensée, de celle qui rend vivant, qui permet de se sentir vivant et d'aimer, qui permet de lutter contre l'indifférence d'être, que celle-ci s'exerce contre soi ou contre les autres, disparaisse. A force d'être battue en brèche, combattue, moquée, méprisée, niée, invalidée, ou recouverte, seulement recouverte par un raz-de-marée de pensée simplificatrice, "pragmatique", dangereuse par la fascination qu'elle exerce, profondément destructrice parce qu'elle touche à l'intégrité des êtres, souvent à leur insu.

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10 mai 2007

Journée de commémoration de l'abolition de l'esclavage

Oui, je pense que cette journée est importante. Et qu'il s'agit pas de reconnaître les souffrances passées pour comprendre celles qu'elles engendrent encore et vivre mieux le présent, donc l'avenir.

Parce que les souffrances des uns sont celles des autres et que reconnaître celle des uns n'est pas nier celle des autres, mais faire en sorte qu'au moins ces souffrances fassent que les êtres humains se comprennent un peu mieux.

Parce que ces souffrances doivent cesser.

Parce que reconnaître la souffrance des êtres est reconnaître leur humanité, ce que réfutent justement tous les racismes.

nude

Nuit, huile sur toile.

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01 mai 2007

Vertige du langage

Le langage ouvre des abîmes insoupçonnés en même temps qu'il a la capacité de "résilier", de tisser à nouveau ce qui aurait été auparavant déchiré, que les déchirures logent dans l'imaginaire, le symbolique ou le réel.

 

Le langage s'inscrit en fait dans un espace illimité, libre comme l'air, mais impraticable si rien ni personne ne viennent le cadrer pour en découdre avec la réalité des choses, des faits, des sentiments, des sensations, des émotions.
Autrement dit, ce sont les corps animés de tous les êtres parlants qui en créent et recréent les formes, à l'infini, avec ou sans (un minimum d') artifice.

Il est aussi varié, se décline en une multitude de langues, et se déploie dans le temps autant que dans l'espace.

 

En ce qui me concerne, il représente d'abord la liberté. Il est l'image même, le symbole de la liberté. Car du moment où je deviens un être parlant, je suis en capacité de nommer, de penser et de dire ce que je ressens ou pense.
                        Et je me demande, du coup, ce qui me procure ainsi l'ivresse : le langage ou la liberté...

Cependant, le langage peut être perçu et considéré autrement. Par exemple, comme un instrument de pouvoir. Et nul doute, d'ailleurs, qu'il en soit un. En effet, malheur à ceux qui ne le maîtrisent pas ou mal, qui ne savent pas s'exprimer correctement, en faire bon usage.
Malheur à ceux aussi qui ne savent pas en déjouer les roueries lorsqu'il les agressent, les piègent, voire les détruit, parce qu'utilisé a contrario, pour attaquer, nuire, prendre le pouvoir sur autrui, faire emprise, emprisonner.

Quoiqu'il en soit, nous n'en sommes jamais indemnes, et probablement utilisons-nous tous à certains moments, à plus ou moins bon escient, le langage comme instrument de pouvoir.
Est-ce un mal ? Non, bien sûr. Il faut bien dire. La question est alors celle plus globale du Pouvoir.

Le langage comme pouvoir pour accéder au pouvoir. Les démonstrations en sont évidemment particulièrement nombreuses en ces temps dangereux d'élection présidentielle, et il nous importe de savoir quels liens le langage et les discours entretiennent avec le pouvoir de ceux qui les profèrent, tout autant que de nous interroger sur le pouvoir qui sera par la suite exercé.

Nous votons en effet sur des actes, mais essentiellement également en fonction de discours. Comment sont construits ces discours ? Dans quelle mesure sont-ils pourvoyeurs de réalité, de fausseté, de sincérité, d'hypocrisies ?
Dans quelle mesure le langage est-il assujeti au pouvoir, et à quel pouvoir, c'est-à-dire dans quel but ?
Dans quelle mesure aussi les actes sont-ils dissociés (non-dits, dissimulés) ou faits au mépris du langage ?

L'on peut être parfois déçu du langage, regretter de ne pouvoir le rendre plus conforme à nos désirs, à nos pensées. Mais comment vivre sans langage(s), sans essayer encore et encore de se faire comprendre, de faire avec, de "vivre avec" ?

Quant à vouloir échapper au langage pour échapper au pouvoir, à la volonté de pouvoir, ce ne serait bien sûr qu'une illusion, ou un geste suicidaire qui équivaudrait à se taire. Se soustraire ainsi au pouvoir du langage n'est-il pas aussi lui laisser tout pouvoir ? Lui reconnaître une emprise totalitaire sur nous-même ?
Cela en outre ne changerait rien, mais au contraire laisserait les choses en un état dangereux.

Si le langage est un pouvoir, il est sans nul doute un pouvoir à partager, jusqu'au vertige, en faveur des êtres, pour la démocratie.

aphasie__d_tail_

Aphasie (détail). Huile sur toile.

Posté par louisebrun à 13:49 - société politique - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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