Louise, l'atelier

blog plastique et poétique - présentation de mon travail - écriture, dessin, peinture et autres images - ainsi que quelques réflexions à propos de tout, de rien et d'autres choses...

07 octobre 2009

De l'eau du temps

Saisir quelque chose du temps qui passe...se sentir, malgré tout, à une perception absolue du temps...la mort ? l'éternité ?

La mort, peut-être, oui. Période "anniversaire" d'une mort réelle. La sensibilité est à vif, le corps à cran. "Je voudrais cesser de mourir", dit-elle dans un souffle. Comme un passage de relais aussi, de la mort à la vie. De la vie obstruée à la vie tout court. Mort de la mère. Cordon ombilical déjoué. Rejoué. A l'infini d'où les douleurs. Comme un accouchement de soi qui n'en finirait pas. 

Quelque chose de la vie, nerveuse, musculeuse, s'est aussi ouvert. Comme si cette fois le lien maternel avait commencé à pouvoir se transformer, se métamorphoser en lien de vie. Non, il n'y a pas d'avant ni d'après, mais seulement ce qui s'entortille, dans tous les sens, autour et dans ce fameux cordon

 

coupé. Bien sûr, le cordon est coupé. Et il s'est même reconstruit ailleurs, là où la vie perdure, féconde...se révèle à nouveau dans toute sa splendeur moirée...

 

Tout est lié et délié à la fois. Un peu comme tout fut espéré et haï à la fois. Noué pour tenir, noué pour résister, mais noué à se détruire. 

Les éléments se mettent en place pas à pas, il n'y pas à tortilller. Et certaines se défont. Pour mieux se renouer autrement, ou s'éloignent définitivement. Sans animosité. C'est le cours lent de l'eau qui court. 

En soi. Hors soi. Sans pour autant (toujours) se noyer. Parfois tout de même. Jusqu'à la déchirure qui rapplique, ventre à terre et vous terrasse un instant. Jusqu'à ce que l'eau coule à nouveau, plus apaisée. 

Moins de larmes. Encore l'écriture du désastre pour échapper au désastre. La mort est un poison vengeur. Il faut beaucoup de mots pour l'endiguer. Mais les mots existent. Blessent et suturent, comme les pensées qu'ils charrient et déversent.

Je ne sais pourquoi, le goût des lacs n'a jamais remplacé celui de la mer. Il suffit pourtant parfois de l'eau qui coule pour maintenir la vie, continuer à en enchevêtrer déchevêtrer les fils qui la font vivre. Qui la font exister. Qui nous la font aimer.

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05 mai 2009

Entrer dans...

trag1


Entrer dans le mouvement
du bout des doigts
ou du corps
entier

C'est entrer
dans la caresse
et l'étreinte

Là où le souffle
renaît

un peu

comme une évidence

oubliée

trag2mais toujours

à la lisière de la

peau








L.B 2009

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17 décembre 2008

Là où l'espace ne chute pas

Crise. Malheur. Nerfs en feu, en boule, en crise. Les mots me rejettent, il me refoulent, me désespèrent et ils m’empêtrent. Ces mots qui m’assassinent, me violentent, me torturent et me haïssent. Ces mots qui me malmènent le corps, le pétrissent, le sadisent, le violent pour ainsi dire, le calment, le rendent inerte, l’agitent, le bouleverse, le tuent de l’intérieur. Ces mots qui m’ont brûlée vive, sacrifiée sur l’autel des victimes expiatoires. Ces mots qui m’ont nommée, désignée, aimée, caressée pour mieux me happer et me détruire, ces mots qui m’ont piégée en somme. Dès le départ. Ceux qui frôlent mon cœur chaque jour, me détruisent ou me rendent ivre de bonheur, me sapent ou me raisonnent, les mots la langue sont mes meurtriers, mes assassins et ce sont eux qui me font respirer, vivre, bouger, marcher…voire exister. Très certainement exister.
Pour le moment, ils me harcèlent sans me laisser respirer. Ils agissent en moi comme des flèches assassines, me percent, entament ma chair laissant d’invisibles et multiples traces, puisant dans les douleurs anciennes pour en extirper leur venin et rouvrir les souvenirs infects. Je les avale, je les recrache, ils m’enveloppent et m’enserrent, parfois se transforment et métamorphosent quelque chose sur leur passage,
Un éclat de brillance, une fulgurance vivante, quelque chose qui se perd, autre chose qui éclot

« être attentif à ce qui croît », comme un mot d’ordre, alerte rouge à l’intérieur ou au contraire, signal d’une détente possible en ce corps convulsé de mots

comme hanté de morts, fantômes étranges contre lesquels il faudrait se battre sans jamais avoir le dessus, perte indicible

et ce qui renaît à la vie.

Les mots me trahissent-ils ? Ou bien est-ce que ce sont les morts que mon corps abrite malgré moi ? Ont si longtemps habité à mon insu ? Ces souvenirs qui ne m’appartiennent pas et sont pourtant là, enfouis dans ma chair, dans mon ventre. Mais pourquoi ???? crie-t-elle dans un moment de folie sans issue, dans un moment où les mots ne suffisent tout simplement pas, ou peinent à dire, ou n’existent pas encore, ne sont pas

Là.

Là où l’espace ne chute pas. Là où.

Je ne sais pas ce que les mots trahissent de moi ou non. Je sais seulement que c’est l’amour des mots qui me porte. Qui porte mon corps. Même en le gauchissant. Même en tentant constamment de l’annihiler d’en prouver une sorte de non-existence…
Violence intérieure. Quelque chose du déchirement. D’un déchirement perçu comme organique. Seulement organique.
Mais pour l’heure, je ne sais pas même plus ce qu’est l’amour des mots, ils me rejettent à moins que ce ne soit moi. La faille est là. Parce que partout pourtant j’écris sans cesse. Parce que partout pourtant j’écris sans cesse, mais loin de me retrouver, il m’arrive de me perdre encore plus. Les mots m’emportent, là où je ne suis peut-être pas encore, ils me précèdent, mais je me sens parfois perdue, détresse, perdue, comme chutant dans l’abîme des morts.

Pourtant je suis vivante. Là où l’espace ne chute pas.

Posté par louisebrun à 22:46 - poésie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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