08 novembre 2009
Du bleu dans la nuit
Ce qui
du bleu
la nuit
bouge
Ce qui
perce
à travers
le gris
Et rougit
le charbon
pâle
bleui
08 août 2009
Journal de vacances (Récit, 2)
La maison semble en ordre. A peu près rangée. Oui, avec moi, c'est toujours à peu près, ça ne peut pas être plus. Je ne sais pas ranger et n'aime que le désordre. Enfin, un certain désordre. Evidemment, ce désordre doit refléter celui de mes émotions, ou de mes sentiments. Je me suis rendue compte il y a peu qu'un de mes plaisirs était de mettre en désordre les pièces dans lesquelles je vivais. Les chambres, notamment. Comme si ma chambre n'était finalement jamais la mienne (- et d'ailleurs, c'est un peu vrai), et que finalement, pour qu'elle le devienne un tant soit peu, je devais y poser les empreintes rassurantes du désordre.
Ici, "ma" chambre n'est clairement pas la mienne, puisque cette maison n'est pas tout à fait la mienne non plus. Cela peut sembler anodin, mais aujourd'hui, cela me paraît important. Cette maison est une maison de famille, même si, depuis longtemps, je suis seule à en occuper cette chambre.
Et l'on dirait que cette maison renferme encore, des années plus tard, toutes les querelles et les névroses qu'elle y a vu naître. Je me demande si je l'ai vraiment aimée, un jour. Je me souviens l'avoir d'abord détestée, enfant, puis désertée. J'ai ensuite tenté d'y revenir, je l'ai adorée. Ou j'ai tout fait pour l'adorer. Je m'en suis persuadée. Comme un remords. Comme la région dans laquelle elle se trouve. A l'image, sans doute, des démêlés, amours et haines, et autres conflits familiaux. Maintenant, je l'aime moins. Comme si elle commençait à me devenir indifférente. Enfin, c'est difficile à dire avec précision. Je ne sais absolument pas si je dis la vérité ou bien si je me mens encore à moi-même. J'essaie, pourtant, d'être le plus proche possible de la vérité, mais ce n'est pas toujours si simple, dès que les émotions s'en mêlent.
Aimer, se forcer à aimer, puis détester. Se mentir à soi-même alors qu'on voudrait ne dire que la vérité. C'est sans doute aussi le mouvement de l'amour, dans beaucoup de cas. Et il n'est pas toujours si facile de ne pas se mentir.
Mais l'indifférence, en réalité, m'est impossible. Bien qu'il m'arrive de n'avoir aucun plaisir à aimer. Et je ne peux que constater ces forces, qui nous frôlent, et nous poussent les uns vers les autres, ou contredisent nos désirs et sentiments, les directions que nous voudrions donner à nos vies.
Cependant, la plupart du temps, j'aime férocement, pour ainsi dire. Jusqu'au grand point de solitude où l'amour peut nous entraîner, parfois. Un peu comme lorsque la mer se retire, à marée basse, laissant affleurer les traces les plus profondes du sable, qu'ont creusé des milliers de pas, de vies, et ce sans aucune usure du temps. Un peu comme la mer revient doucement sur le sable, pour l'abreuver jusqu'à plus soif.
Voilà ce que j'aimerais vivre, sans doute, un amour sans aucune usure du temps. Je ne sais pas si cela existe, ni si c'est autre chose qu'un amour immobile, donc mort, peut-être.
Heureusement, il y a la mer, qui se déploie, se déplie, dans le flux et reflux de nos pas incertains, jour après jour, quelles que soient les marques et les blessures du temps...redonnant vie là où tout ce qui est ressenti est insensiblement précaire...
27 juillet 2009
Merce Cunningham
La danse de Merce Cunningham est celle qui un jour m'a permis d'être danseuse. Parce que la danse de Cunningham est une danse qui jubile. De danse. De plaisir. Pour le corps et pour l'esprit. Une danse inventive, qui ne s'arrête pas au plaisir d'être, mais qui cherche. Toujours plus. Dans la danse même. Dans l'esprit même du corps.
J'ai aimé cette danse et j'aime ces chorégraphies où l'abstraction rencontre toujours les sens des corps. Visuellement, alchimiquement, physiquement. Poétiquement.
Quelque chose qui donne à être. Toujours un peu plus.
Dans le retour infini à l'infini du corps, sans pour autant s'y enformer. Dans le reflet de ce que les corps, par les lignes habitées qu'ils dessinent et sculptent, donnent à vivre le monde.
Je suis très triste, ce soir.
01 avril 2009
Lecture-Performance
Nous vous attendons à la Lucarne des écrivains le 11 avril à 19h30 !
Pour ma part, je présenterai Géopolitique de l'amour, video-poème-performance.
A très bientôt !
13 février 2009
Paysages
Paysage
en
Paysage
fumée
Paysage
absence
Paysage
présence
24 janvier 2009
Accalmie
Rechercher l'accalmie lorsque le ciel
se déchire
une fois de plus éventré par les nouvelles
mortifères qui traversent
l'espace et ébranlent
l'écorce
terrestre
Nouvelles du monde
et parfois proches
ce qui brise
ce qui divise
ce qui répare et
cicatrise
Rechercher l'accalmie
en soi dans le tumulte
éhonté
des multiples violences
trouver un peu
de ce qui apaise
le cœur




