14 octobre 2007
Echos lointains des guerres (extrait)
/émergence - de l'épaisseur triste et amère des mers obscures - d'une lueur. Résurgence, de ce qui a malgré tout éclairé les champs indistincts, fait que le corps entier se dérobe à la lumière, mais ne soit pas mort,
là où apparaît
le souffle de ce qui a été - malgré tout (répète-t-elle) sauvé. /
/lien invisible, enserrant pourtant, et délivrant dans le même temps, poussant, pressant, oppressant, mais se tournant vers ce qui s'ouvre - sans allégeance
sans allégeance (mais cette absence pourtant, qui creuse incessamment la surface visible, avant qu'elle ne s'épuise, durera-t-elle encore ?) - comme un excès de peau sur
l'envers du décor - cicatrice inversée, encore brûlante du désir, mais de la peur aussi. /
Ce qui est décliné, dans
cette digression interne,
la chute
infinie
du regard
voltigeant
à l'intérieur
dans le puits
sans fonds
de la confiance
durablement
altérée/
/ (haillon d'amour, ou bâillon ; ruban - lambeau - ruban ; embrasant dans le
silence ce qui est encore sourd
ruban momifiant, habillant
enveloppe pantelante
mais néanmoins apaisante
faisant/laissant
osciller
encore
la peau
un peu
au hasard
entre vie
et mort.
Commentaires
Bonjour Louise,
je fais de temps en temps un tour par ici, mais j'avoue ne pas avoir ou prendre le temps de suivre tes déambulations - le support informatique me fatigue -et la disponibilité excessive me trouve rarement disponible. Aujourd'hui encore, il m'est impossible de rentrer à fond dans ce que tu exposes de tes recherches plastiques, poétiques,politiques et métaphysiques; cependant ces Echos lointains des guerres rencontrent comme un écho en moi, plus direct que d'autres textes qui pourtant n'étaient pas sans rapport avec certaines de mes préoccupations. Peut-être que ces extraits résonnent comme un écho de guerres lointaines où je fus partie prenante. J'ai l'impression qu'ici, tu "t'étales" moins, ayant plus le souci du mot exactement juste (quitte à ne pas être comprise -plutôt que le souci d'expliquer, de développer pour communiquer) - et bizarrement c'est cette écriture moins communiquante qui me parle plus (d'autres fragments ne m'ont pas semblé aussi percutants, donnant certes l'impression d'être liés à une réalité mais ne la collant pas autant). Je retrouve le mouvement descendant des poèmes de Charles Juliet qui, dans A voix basse, explore la grotte intérieure, et en même temps le mouvement ascendant qui ramène vers la vie de cette zone de pénombre proche de la mort. Peut-être que c'est d'avoir évoqué la peur, mais aussi un salut qui me touche, car cette idée est difficile à accepter, et la recherche du mot exactement juste témoigne alors d'un cheminement sans complaisance, orienté par une fidélité exigeante, à soi-même, et fidélité à l'essentiel.
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