Le temps s'écoule donc parfaitement lentement, comme il se doit. Légère accélaration. Le marché. Préparation du repas. Filets de dorades grillés, miamm...Puis de nouveau un temps lent, envie d'une petite sieste...Le ciel hésite, entre soleil et pluie, légère brise. L'atmosphère générale est assez douce. Je m'octroie quelques minutes de surf sur internet, pour suivre les actualités. Ça, je ne peux pas m'en passer. Et c'est une chose que j'aime sur internet : l'arrivée rapide des informations, et leur mélange. Autant je déteste le manque de hiérarchisation des événements dans la présentation des journaux télévisés, autant j'aime la diversité de celles qui me parviennent par internet et que je trie moi-même, finalement. Cette sensation d'être reliée aussi, à l'ensemble du monde, me plaît. Quelques secondes de voyage, donc.

Un article relayé par Metropolis Haïti me transporte à Port-au-Prince, ville que je connais un peu. Il traite de la culture haïtienne, l'auteur se demandant si celle-ci tient encore la place qu'elle mérite dans ce pays. La question est de savoir quels sont les choix politiques qui sont faits. La culture ne serait pas une urgence. Bien sûr, l'on peut comprendre. Face aux problèmes économiques cruciaux, la question de la culture pourrait paraître dérisoire. Et pourtant. La culture et l'art ne contribuent-ils pas, eux aussi, à nous maintenir en vie ?

Dehors, par la fenêtre, je regarde les pins immobiles. Le temps se gâte un peu, mais ce n'est pas très grave. La plage est belle quel que soit le temps, je trouve.

L'envie, récurrente, de prendre un avion pour aller n'importe où. Planter une ancre provisoire dans un endroit inconnu.

Mais pourquoi est-ce que je ne le fais jamais ?